-Snake0644's profile"Mister Moochagoo and I"PhotosBlogListsMore ![]() | Help |
Ataraxie Il fait beau ! "Bourricot borné à la rhétorique fumeuse"Monsieur Moochagoo était dans un état ! Et "plein de tristesse à l'intérieur" ! Il avait voulu participer à un débat philosophique sur un forum littéraire, et s'était fait traiter de "philosophe de comptoir, d'ergoteur sémantique et de bourricot borné à la rhétorique fumeuse".
Je lui servis un saké, en lui conseillant de ne pas répondre aux insultes, et de ne pas faire une hémorragie interne de tristesse. On ne sait jamais où ça peut conduire. Je lui conseillais également de laisser passer le plein de tristesse à l'extérieur ; les larmes ça soulage. "Cela devient de pire en pire", dit-il. "J'ai l'impression que vous vous faites des reproches pour ce qui est arrivé. Il faut laisser tout cela derrière vous", répondis-je. "La prochaine fois, j'irais sur un forum qui débat sur le bouillon de poulet. Savez-vous qu'un des participants a précisé que je n'étais pas stupide, borné peut-être, mais pas stupide". Il garda le silence. Je rétorquais : "Les personnes qui vous ont critiqué sont sans doute des sceptiques sincères. Ils ne croient pas à vos opinions philosophiques. Je vous conseille d'adopter, au moins en apparence, leur point de vue. Ce n'est qu'un forum après tout. Votre déconvenue est presque une illustration de ces deux vers de W.B. Yeats : Les meilleurs sont dépourvus de toute conviction, tandis que les pires / Sont pleins d'ardeurs et de passion." Il me regarda : "Vous avez raison, je m'y remets et je vais les décerveler". Au secours, voilà le Père Ubu ! * * "Ubu roi", pièce d'Alfred Jarry où la "Machine à Décerveler" est un personnage à part entière. Vraies choses inutiles
Monsieur Moochagoo interrompit sa poétique expérience provisoire simulée (PEPSI), rendit les 20 centimes et dit à la petite fille de garder le livre. Il conclut avec un soupir : "Les enfants préfèrent lire de la littérature facile". J'avais vendu pour 25€, un casque d'artilleur de la guerre de 1940, qui avait appartenu à la famille, après un dur marchandage avec un brocanteur. Nous étions partis de 30€, c'était un exploit dont j'étais assez satisfait. J'eus droit à un début de remarque acide de Monsieur Moochagoo sur le "bradage des affaires de famille", mais je le prévins que la petite fille était dans son dos et voulait deux livres du "Club des Cinq" [Claude Voilier], pour 40 centimes. Il tenta à nouveau de lui expliquer "la bonne littérature", en lui proposant, mais sans succès, de lire Le Lys dans la Vallée de Balzac. On l'a échappé belle, il aurait pu proposer Madame Bovary de Flaubert. La journée s'est bien passée et le montant des ventes s'est élevé à 210€. Monsieur Moochagoo m'a déconseillé d'écrire "encore un billet virtuel" sur cette journée . Ou alors, le billet devait être "dense, récapitulatif et méditatif", avec "une mise en page discrète". En général, il arrête de lire les billets au bout de 807 mots. Bon ça va, je vais écrire de la "littérature facile", avec moins de 807 mots. * Merci à Benjamin pour la remarque sur le texte de Rimbaud, c'est moi le seul responsable de la modification du texte original. Les gens du commun"J'abandonne mon projet de billet sur Saint Hildevert, évêque de Meaux au VIIème siècle, son histoire est trop lacunaire". "Quanto id diligentius in liberis procreandis cavendum", me répondit Monsieur moochagoo. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais je déteste qu'on me réponde en latin. Je lui en fis la remarque. Il rétorqua : "Vous êtes difficile, et je vois que vous ne n'aimez que les hommes du commun. Serait-ce de la médiocrité ?" Je le sentais d'humeur batailleuse et répondis : "Vous concevez une sorte de mépris pour les gens du commun ? Mais quand tous les gens du commun parlaient le latin, il n'y avait rien d'extraordinaire à le parler." Monsieur Moochagoo soupira :"Vous êtes impertinent et raisonneur. Avouez que le doux murmure du latin à votre oreille, vaut mieux que les vulgarités entendues à la télévision." "Prenez-garde, dis-je, le sujet est sensible, même le Président en fait son affaire. Vous feriez mieux de vous emporter contre le petit monde de la finance, où semble-t-il, l'art de l'escroquerie à entortillé bien des esprits, grâce à des produits que seuls des mathématiciens chevronnés peuvent comprendre." Il fronça les sourcils et cita Diderot : "Il y a peu de métiers honnêtement exercés, ou peu d'honnêtes gens dans leurs métiers." ** Il buvait un xocolatl maya, non sucré avec du piment très fort. Je pensais en moi-même : les gens du commun ne boivent que du "chocolat", pouah ! Lorque je le quittais, Monsieur Moochagoo chantonnait : "Le caporal, un bon enfant, M' dit : Quéqu'tu payes, ma vieille, J' te rendrai la pareille, Sitôt qu' j'aurai reçu d' l'argent! Je vais à la cantine, Je lui offre un' chopine, Il trouv' qu' c'est pas beaucoup, Et v'ia t'y pas qu'il m' flanque au clou!" *** * D'autant plus qu'il faut craindre d'aller trop vite quand on écrit un livre. (Cardan)
** "Le Neveu de Rameau" *** L. Lemercier de Neuville, "Les Pupazzi inédits", Flammarion 1893.
Accident de billet !A la suite d'une fausse manoeuvre, voulant supprimer un brouillon, j'ai supprimé mon dernier billet. Il reste un fragment du mot du titre : "Bnnet". Il manque le "o". Dommage un "o" c'est beau. Il reste aussi une virgule, un point, deux "a", et quelques accents, éparpillés comme des cheveux. "Des rognures de billet, en somme. Que pouvez-vous faire avec cela ?", me dit Monsieur Moochagoo. "Je crains fort, entre nous, que ce ne soit un billet mort-né", répliquais-je. "Êtes-vous sûr que tous ces fragments ont appartenu à votre billet ?", insista-t-il. J'avouais qu'à l'endroit où j'avais trouvé les restes du billet, il n'y avait nulle inscription : "Ce sont les restes du dernier billet". Monsieur Moochagoo tenta de me consoler : "Ils sont admirablement faits ces deux "a" et ces quelques accents. Avec deux "a" et des accents on peut commencer un nouveau billet, où vous parleriez du Saint-Graal. Donc, vous abandonnez toute prétention sur le dernier billet ?" Je répliquais que j'allais écrire un billet où je laisserai aux gens d'esprits la liberté de se moquer de moi. Voilà qui est fait. Je pense également à un billet sur Saint Hildevert, évêque de Meaux au VIIème siècle, dont on ne connaît à peu près rien, sinon les propos peu amènes de Hildegaire, autre évêque de Meaux au IXème siècle, qui parle de "vanité" et "d'erreurs dans la foi". Ce billet plaira à Tante Germaine, je le sens. Billet illustré.Tête de veau vinaigrette"A propos de "..ce vide qu’on porte en soi", dont parle Nicolas Bouvier - je ne parle pas de votre prose qui me paraît franchement obscure - oui pour ce vide qu’on porte en soi, essayez le gratouillon". Une fois de plus Monsieur Moochagoo n'était guère aimable, mais j'étais curieux de savoir ce qu'il entendait par gratouillon.
"Pour avoir un gratouillon de qualité, mangez de la tête de veau vinaigrette". Il se moquait de moi et faisait allusion à Knock, de Jules Romain *.
La pluie tombait avec force et sans interruption depuis 9h45, moment où nous avions quitté le train à la "halte en forêt" en forêt de Fontainebleau. Elle allait combler bien des vides. Même avec une cape, je commençais à être trempé aux manches et aux jambes de pantalon, et je sentais les gouttes s'infiltrer dans le haut des chaussures.
Monsieur Moochagoo m'avait averti qu'il fallait "mépriser la pluie, un point c'est tout". Mon mépris n'avait aucun incidence sur le fait que j'allais être "mouillé". Tante Germaine m'a toujours dit que : "La force d'âme stoïcienne ne peut rien contre l'humidité et le froid".
A onze heure, il pleuvait toujours des cordes. J'eus Madame Snake au téléphone qui ne comprenait pas comment on peut randonner sous une telle pluie. Monsieur Moochagoo a mis son grain de sel en lui disant que "toutes les gouttes ne sont pas également humides". Je les ai laissé discuter pendant qu'un groupe de dix randonneurs nous dépassait en faisant "plotch, plotch".
Dieu merci, nous avons pu déjeuner au sec - il s'est mis à faire beau vers midi - à la Mare aux Cerfs, où curieusement il n'y a plus d'eau, à part quelques flaques.
Monsieur Moochagoo eût du mal à repartir. Je m'en inquiétais. Il me répondit : "Je traîne ? Non, non, j'attends de voir passer un troll... il semble en retard.." Bon, c'était ma journée ! * Knock : "Est-ce que ça ne vous gratouille pas davantage quand vous avec mangé de la tête de veau à la vinaigrette ?"
Transfusion de MoiCe matin, j'étais chez le coiffeur et me regardais dans le miroir. En général, c'est le moment de vérité, je constate des choses très désagréables, du genre : "Tiens on a oublié de me fêter mes cent ans !" Mais, ce matin, c'était plus ennuyeux : mon Moi était vide.
Nicolas Bouvier a dit : "Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs. Puis se retire, et vous replace devant ce vide qu’on porte en soi..." *. Non seulement je portais ce vide en moi, mais il avait pris toute la place possible. Le coiffeur ne s'en était pas encore aperçu. Coiffer un Moi vide, n'est probablement pas des plus agréables.
J'espérais, in fine, que mon Moi vide, une fois coiffé, serait une source de réconfort.
Je me demandais si aux urgences, on fait des transfusions de Moi. Mais c'est courir un risque : un inconnu pourrait prendre possession du vide de mon Moi. Seul demeurerait mon Moi passé, qui dépend des ressources de ma mémoire, et celle-ci est-elle bien à l'abri de défaillances multiples. Quand aux recoins obscurs, qui voudrait les livrer à un Moi qui serait étranger ?
Paul Auster confie que : "..du moment qu'on a un crayon dans la poche, il y a de fortes chances qu'un jour ou l'autre on soit tenté de s'en servir" **. Si mon Moi s'est mis en tête de ressembler à une page blanche, je suis tenté d'utiliser un crayon pour dessiner un autoportrait, qui me servirait de Moi de rechange.
Monsieur Moochagoo ne fut d'aucune aide : "Vous avez la dévotion d'un croyant du Moi. Devenez athée, ignorez votre Moi."
Au moins mon Moi vide est coiffé, c'est déjà ça.
* "L'usage du monde", Payot (poche), 1992.
** Le Monde du 16 janvier 2009
C'est la poule qui fit le zoeuf J'avais Tante Germaine au téléphone. Elle a en ce moment, sa période philosophique, et en particulier, Leibnizienne. Elle était en discussion (par mail), avec son ami William, de Princeton, et voulait connaître la traduction en anglais d'une phrase de Leibniz : "Cum Deus calculat et cogitationem exercet, fit mundus.” Je lui répondis que la traduction habituelle était : "When God calculates and develops thought, he creates the world." [Quand Dieu calcule et pense, le
monde se fait]. Elle avait trouvé cette phrase dans : "Architectonique disjonctive, automates systémiques et idéalité transcendantale dans l'œuvre de G.W. Leibniz" de A Robinet. Je lui conseillais de lire, pour se changer les idées : "Atala, ou Les Amours de deux sauvages dans le désert" de François-René de Chateaubriand. "Une histoire assez drôle, mais à lire au second degré", ai-je ajouté. Il y a eu un blanc, et elle a raccroché. Il y a des jours où ça passe ou ça casse... J'aurais dû lui proposer "La Nouvelle Héloïse", de Jean-Jacques Rousseau. "Un sentiment plus doux s'insinua peu à peu dans mon âme, l’attendrissement surmonta le désespoir, je me mis à verser des torrents de larmes, et cet état, comparé à celui dont je sortais, n'était pas sans quelques plaisirs". Là, c'est vraiment drôle. Je parlais de mes déboires à Monsieur Moochagoo. Pince-sans-rire, il m'a conseillé d'utiliser du sopalin pour assécher mes torrents de larmes *. * Référence à la chanson "Ode à la vie", de Bashung : "...Elle a jonché de sopalin des torrents de larmes" ![]() "Les funérailles d'Atala", de Girodet Petits hommes vertsJuste avant la randonnée, nous étions encore dans le train, Monsieur Moochagoo buvait un rython de zythogale. C'était sa dernière marotte, trouvée sur le site internet d'un journal du soir. Il me dit : "C'est souverain pour la rhinopharyngite". Je m'étonnais qu'il boive dans un rython. Il resta évasif et me confia qu'il avait hérité ce rython de sa grand mère. Je pensais, pourquoi pas un hanap d'hypocras pendant qu'on y est ?
Juste avant d'arriver à Gazeran (après Rambouillet), je vis cinq chevreuils dans un champ, bien visibles, grâce à la neige. Je fus le seul à les voir. De nos jours les gens n'observent plus le paysage depuis les fenêtres d'un train. Encore une chance que cela n'ait pas été une soucoupe volante avec des petits hommes verts, personne ne m'aurait cru*.
Nous étions vingt six à fouler la neige dans le secteur des rochers d'Angène. J'avais mis mon cerveau en roue libre, et n'écoutais plus que le cri-cri-cri de mes chaussures sur la neige.
Une dame emmitouflée dans une grosse écharpe, dont seul le nez (rouge) dépassait de son bonnet, me demanda si je connaissais cette phrase de Kafka : "Le soir j'étais triste car j'avais mangé des anchois. Le matin le médecin me réconforta ; pourquoi être triste ? Après tout, j'ai mangé les anchois, les anchois ne m'ont pas mangé." J'ai vite rebranché mon cerveau et l'ai mis en mode compréhension, mais j'étais perdu dans un labyrinthe d'absence de pensée. Un état redoutable. Je ne sus que dire. Au premier arrêt nous avons partagé une galette en 26, et...j'ai eu la fève, logée dans un minuscule morceau de 2X2cm. Voilà une coïncidence bien mystérieuse. La fève représente un pingouin vert. Là, c'est un signe des petits hommes verts... Belle journée ! * A propos de petits hommes verts, on s'interroge depuis début janvier dans les tabloïds anglais : "Did extraterrestrials cause the damage to the Conisholme turbine ?" [Les extraterrestres ont-ils heurté une éolienne à Conisholme ?]. Je pense que c'est une vache volante, c'est assez courant à cette époque de l'année. ![]()
Quand on glisse sur la glace..Quand on glisse sur la glace - car il fait glagla - on se retrouve sur les fesses, avec les bouts de deux doigts écorchés. Des gouttes de sang se répandent alors sur la neige, et c'est du plus bel effet. Tante Germaine m'aurait dit de faire attention "aux vampires qui rôdent dans les rues sombres".
J'étais en train de chanter : "gla gla gla il fait froid chez toi je claque des genoux, gla gla gla allons au chaud dans ton igloo, gla gla gla autour d'un feu réchauffons nous, glou glou glou un bon thé chaud et puis c'est tout" *. Je n'aurais pas dû. Je suis sûr que si j'avais chanté : "Hik hik hik ....ça c'est le cri de la girafe en haut du cocotier, Honk honk honk ....ça c'est le cri de l'elephant en bas du cocotier, Hak hak hak ....ça c'est le cri de la gazelle, je l'avais oubliée"** , je n'aurais pas glissé.
Hier, j'étais passé au même endroit, juste derrière une jeune fille qui raccompagnait deux jeunes enfants. Elle avait voulu leur montrer qu'on pouvait tomber, et avait dérapé ex abrupto, pendant que les deux enfants faisaient des glissades impeccables. J'avoue avoir rigolé tout regardant si la jeune fille allait bien.
Dieu merci, personne n'était là pour me voir chuter les deux jambes en l'air avant de retomber sur les fesses.
Mes doigts sont entourés de sparadrap Pocahontas (sparadrap bleu avec un raton laveur dessus). C'est beau !
NB Samedi 15h45 : Madame Snake veut conserver les derniers sparadraps pocahontas, aussi ai-je eu droit ce matin, à un sparadrap "101 dalmatiens" et un "Goofy", forts beaux également.
* "Pigloo", La Banquise, Scorpio Music 2007
** "Ho Doulou, Chanson Bête", Dorothé "Je lègue le rien à personne"Dans un poème du livre "La Rose Profonde", Jorge Luis Borges nous dit : "Je lègue le rien à personne". C'est une phrase sibylline, car il n'a pas dit : "Je ne lègue rien à personne", ce qui est probablement le lot commun, car nous n'avons pas grand chose léguer, à part nos quelques objets familiaux et éventuellement un bien immobilier. Monsieur Moochagoo me lèguera ses "pantoufles violettes à motifs jaunes", brodés par sa maman, et un livre auquel il tient beaucoup : "Les lieux, Histoire de commodités" de Roger-Henri Guerrand. Je me demande s'il n'a pas une intention maligne avec ce livre, car c'est l'histoire de nos toilettes et surtout des puanteurs qui y régnaient autrefois. Revenons à : "Je lègue le rien à personne". Monsieur Moochagoo était d'avis qu'on ne peut léguer "Le rien", à moins d'imaginer que "Le rien" est comme une ombre qui rehausse Le quelque chose. Il cita le Tao To King : "Le tout et le rien / ont le même visage." Je n'étais pas tellement plus avancé, car pour moi cette phrase signifiait que Le rien, c'était quelque chose d'important pour Borgès, et que cela il ne le léguait à personne (à moins qu'un de ses copains ne s'appela personne, comme Ulysse dans l'Odyssée, au moment où il affronte le Cyclope). J'en étais là de mes réflexions épuisantes, quand Tante Germaine me téléphona car elle ne comprenait pas une phrase de Leibniz : "La volonté de Dieu n'est point indépendante des règles de la sagesse" (Théodicée). Elle se demandait qui donc avait bien pu créer les règles de la sagesse auxquelles Dieu devait se plier. Je sens que vais aller passer quelques jours à Lakutsk en Yakoutie. Vil vaincu"Char plaqué d'or et aux parements d'or de ce vil ennemi : 1
Splendide char d'électrum du chef de Megiddo : 1
Chars provenant de sa vile armée : 892
....
Bronze : belle cuirasse de combat de ce vil vaincu
Bronze : belle cuirasse de combat de Megiddo
Belles cuirasses de combat de sa vile armée : 200
Arcs : 502
Piquets de bois plaqués d'argents de la tente de ce vaincu : 7" (traduction Nicolas Grimal)
Monsieur Moochagoo était en train de lire les paragraphes 96-97 des annales [Annale 1, section 1], de Thoutmosis III. Cinquième pharaon de la XVIIème dynastie, il avait combattu une coalition, et pris la ville de Megiddo en palestine, après sept mois de siège, en 1458 avant notre ère. Il n'y eût que 83 tués.
Vous aurez remarqué que l'ennemi est vil et vaincu. Si votre ennemi est vil et vainqueur, vous n'avez plus à faire de liste du butin, et vous ne dites pas au vainqueur qu'il est vil, ça peut mal tourner.
En revanche si le vainqueur n'est pas vil, c'est souvent lui qui le dit, mais vous n'êtes pas forcé de le croire sur parole. Finalement vainqueur ou vaincu, on n'échappe pas à vil, le regard des vainqueurs sur les vaincus ou des vaincus sur les vainqueurs, est forcément défavorable.
Monsieur Moochagoo me proposa une partie de Mistigri, dont le but est de se débarrasser de la mauvaise carte. Je l'ai vaincu à plusieurs reprise en trichant. Je suis vil, mais vainqueur.
Belle journée !
Mourir d'une façon vivifianteDans la Vallée de Chevreuse, le Bois Domanial des Maréchaux dispute au Bois Domanial des Cinq Arpents, les plus grandes descentes, suivies de remontées. Je sais que c'est un détail insignifiant, mais c'est la montée qui est dure, surtout si elle est raide. Imaginez une belle allée en ligne droite, mais qui monte et qui descend tous les 300m. Je ne voulais pas qu'on fasse cas à mon sujet, mais je commençais à cracher mes poumons, et mon poul était à 140 .
La personne qui dirigeait la randonnée trouvait toutes ces montées et descentes, "très vivifiantes et bonnes pour l'artériosclérose". Cette remarque pleine de bon sens m'a empêché de mourir tout de go. Je pensais au dernières paroles de Théophile de Viaux "Il faudra qu'on me laisse vivre / Après m'avoir fait tant mourir".
Monsieur Moochagoo a exclu qu'on puisse mourir d'une façon vivifiante, "c'est contradictoire". Il reprit sa conversation avec une jeune femme qui nous accompagnait. Elle avait les joues très rouges et souriait en écoutant ses propos. "Soyez tranquille, je le ménagerai", dit-il en souriant également. Je n'avais pas vu Monsieur Moochagoo sourire depuis septembre dernier.
Nous nous sommes perdus deux fois de suite, ce qui a eut pour effet de nous mettre sur un chemin qui était plus agréable et un peu plus court que celui qui était prévu. "Nous nous sommes perdus, mais sommes nous perdus ?" a dit finement Monsieur Moochagoo. La jeune femme était ravie de cette remarque et applaudit des deux mains. Je pensais à Gaston Lagaffe et à Mademoiselle Jeanne. Je sais, c'est méchant, mais mon Moi diabolique, à cet instant, avait réussi à ligoter mon Moi angélique (qui est, entre nous, un vrai casse-pied).
Nous sommes arrivés à temps à Le Perray-en-Yvelines, pour le train de 16h17.
Quelle journée !
Agénor boude
Au secours !
Pour la nouvelle année - j'ignorais complètement où il avait passé le réveillon - Monsieur Moochagoo avait reçu une boîte en carton où se trouvaient 365 fortune cookies, un pour chaque jour de l'année. Il avait refusé de me dire qui était la personne qui lui avait offert ce cadeau. Il avait été hors de question de lui souhaiter la bonne année, car il est anti-nouvel an. Il examinait un fortune cookie : "Acceptez ce que vous ne pouvez pas changer, et vous vous sentirez mieux". Je lui fit remarquer que pour les fêtes de fin d'année, il valait mieux les accepter que de ramer à contre-courant, c'est moins fatiguant. J'eu droit à un regard des plus désagréables, façon Robert Mitchum dans "La Nuit du Chasseur". Il regarda un deuxième fortune cookie : "Au secours, je suis retenu prisonnier au 55, rue du faubourg Saint-Honoré, à Paris". C'était sans doute un message du Président de la République, mais comment savoir ? Monsieur Moochagoo fut soudainement occupé au téléphone ; on lui souhaitait une bonne année. Je souriais, mais entièrement à l'intérieur de moi-même. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais sourire à l'intérieur de quelqu'un d'autre est un art difficile, qui ne donne pas toujours des résultats convaincants. Je regardais seul un autre fortune cookie qui me mit dans un abîme de réflexions : "Si vous pensez que vous êtes capable de faire quelque chose ou si vous pensez que vous n'êtes pas capable de faire quelque chose, vous avez raison". Je demandais son avis à Monsieur Moochagoo qui rangea le fortune cookie et referma brusquement la boîte. En fin de journée, je souhaitais la bonne année à Tante Germaine, et lui confiais mon inquiétude quand aux mouvements d'humeur de Monsieur Moochagoo, durant les fêtes de fin d'année. Elle évita de me répondre directement, et paraphrasa Shakespeare (Macbeth) : "L'année 2009 sera une ombre qui marche, un pauvre acteur qui se pavane et se trémousse une heure en scène, puis qu'on cessera d'entendre." Bon, allez, je vais sourire à l'intérieur de quelqu'un d'autre. L'exercice a marché un peu plus tard avec le bébé de la voisine, qui m'a sourit dans son landau. 2009 commence bien.
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