-Snake0644's profile"Mister Moochagoo and I"PhotosBlogListsMore Tools Help

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    Du bon goût

    un compteur pour votre site
    05-10
     
    Un taille-crayons qui crève un oeil et fait vomir des copeaux. Voilà qui amusera les petits et les grands !
     
    taille crayons
     
    Source : gundamstoreandmore.com, produit "Living Dead Dolls Sadie Pencil Sharpener".

    L'acceptation

     
    Dans un restaurant, un client demande : "Comment préparez-vous vos poulets ?"
     
    Le Chef répond : "Oh, rien de particulier. On leur dit seulement qu'ils vont mourir."
     
     
     
    chicken_run
     

    Lagerfeld, les Quahogs Nordiques et le présent

     
    "Si on regrette le passé, on est foutu : cela fait de notre présent un truc de second ordre". Monsieur Moochagoo venait de lire cette phrase de Karl Lagerfeld dans le Madame Figaro du 6 octobre, et il était tout à fait d'accord.
     
    "Vous lisez Madame Figaro maintenant, La Semaine de Suzette ne vous suffit plus ?" m'étonnais-je.
     
    "Karl Lagerfeld, au lieu de se laisser gagner par l'angoisse du passé, préfère s'occuper du présent, il a raison. Nous souffrons en France d'un excès de passé. Le passé jouit d'une trop grande réputation et peut provoquer des naufrages. Le passé n'a de sens que s'il aide à vivre au présent."
     
    Monsieur Moochagoo ne s'était pas confié ainsi depuis longtemps.
     
    Il ajouta : "Regardez, certains Quahogs Nordiques qui vivraient jusqu'à 405 ans n'en demandent pas plus, ils ne songent pas au passé. Ce sont pourtant des mollusques très âgés."
     
    Je pensais en moi-même que les Quahogs Nordiques ne sont pas dans la mode comme Monsieur Lagerfeld. La mode est éphémère, et c'est ça qui lui crée des soucis à Monsieur Lagerfeld, alors il empêche le passé de lui faire du mal, et éprouve de la sympathie pour le présent.
     
    !help
     

    Pas d'inquiétude

     
    Deux vaches sont dans un champ.
     
    L'une dit à l'autre : "Qu'est-ce que tu penses de cette maladie de la vache folle ?"
     
    "Qu'est-ce que j'en ai à faire ?" dit l'autre, "Je suis un hélicoptère".
     
    vache02

    Un coffret en hbnj

     
    Nous étions en train de boire du champagne premier cru 1998 avec Madame Snake et Monsieur Moochagoo, en dégustant un millefeuille de sorbets fruits rouges et fraises, biscuit aux amandes et nougatine.
     
    "1998 pour une bouteille de champagne, c'est juste le moment de la boire !", avais-je dis. Monsieur Moochagoo avait ajouté : "ça aide dans l'adversité". Et Madame Snake avait commenté d'un air pincé : "Et c'est meilleur que du Brouilly. Là, je peux participer, ce n'est pas comme l'autre jour."
     
    Monsieur Moochagoo prit un air de rien pour nous annoncer : "J'ai retrouvé chez moi quelques petites clés, dont six reliées par des ficelles qui forment un noeud inextricable, et une, avec une étiquette où est écrit : Clef du coffret en Ebêne."
     
    Il nous montra la clé et l'étiquette. L'écriture était manifestement ancienne, clé était écrit clef comme autrefois (le mot date de 1100 environ), et ébène (d'ebenos en grec, qui lui-même vient du mot égyptien hbnj), était écrit curieusement Ebêne avec un accent circonflexe.
     
    Il avait cherché longtemps le coffret en ébène et avait fini par le trouver en bas d'une armoire normande, sous une pile de "Semaine de Suzette" de 1949. Cette revue qui se définissait comme le "journal des petites filles bien élevées", a paru de 1905 à 1959. Je me demande franchement ce que Monsieur Moochagoo peut y chercher, mais c'est paraît-il "de la première importance". J'en ai lu quelques numéros par curiosité, et c'est très, très ennuyeux (et même au-delà).
     
    Revenons à ce coffret en ébène. Monsieur Moochagoo nous le présenta. C'était un coffret tout simple et sans décoration. Il l'ouvrit avec la clé, il n'y avait rien à part un tissu blanc satiné couvrant tout l'intérieur. Nous étions déçus.
     
    "Ce n'est pas tout", dit Monsieur Moochagoo. Quand Monsieur Moochagoo dit : "Ce n'est pas tout", là, je m'inquiète et je mets mon casque lourd. J'aurais voulu aller dans un groupe de méditation pour calmer mes inquiétudes, mais c'était trop tard. Monsieur Moochagoo ouvrit à plusieurs reprises le coffret, parfois il y avait quelque chose, parfois rien. C'était imprévisible.
     
    "C'est curieux non ?", dit Monsieur Moochagoo.
     
    "Eh, lui, eh, c'est un coffret de prestidigitateur, fastoche". Madame Snake est toujours sceptique. Monsieur Moochagoo jura que ce coffret n'était pas celui d'un magicien. Il finit par conclure que le contenu de ce coffret était unbestimmtheit (incertain). Je lui rétorquais que ce n'est pas parce que nos sens sont grobsinnlich (grossièrement sensibles), qu'il fallait nous faire croire à une sorte d'instabilité du contenu du coffret.
     
    Je lui demandais de me confier le coffret pour un meilleur examen.
     
    C'était notre billet : "Le champagne, ça aide".
     
     
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    Une vache en train de brouter de l'herbe

     
    J'étais dans un magasin d'électro-ménager situé dans les dessous de l'Eglise de la Madeleine à Paris - je n'ai rien contre les dessous d'Eglise - et je regardais les sèches-cheveux, pour assècher définitivement mon esprit devenu humide.
     
    J'expliquais à une autre cliente que mon appartement avait été inondé, car elle s'étonnait de voir un homme choisir un sèche-cheveux.
     
    Elle comprenait qu'un esprit humide n'est pas souhaitable dans la vie courante, que c'était même un désagrément, on peut attraper froid avec l'humidité, faut pas rigoler avec ça, ça peut aller loin.
     
    Elle ajouta : "A un moment j'étais triste, je pleurais tout le temps et le docteur m'avait donné des pilules pour aller mieux. Je ne pleurais plus, mais j'avais l'impression d'être une vache en train de brouter de l'herbe qui regarde la vie passer. Alors j'ai arrêté progressivement, et maintenant, la vie passe, mais je suis dedans."
     
    J'en parlais à Monsieur Moochagoo, mais il me piqua le sèche-cheveux pour "continuer à assècher les prises électrique et le plâtre autour qui est encore humide, il ne faut pas rigoler avec ça, les courts-circuits ça peut aller loin".
     

    Une méthode scientique - 2

     
    Robert rencontre son ami Alain et s'exclame : "Alain !!! On m'avait dit que tu étais mort !"
     
    "Eh bien", dit Alain en rigolant, "Comme tu peux le voir, je suis tout à fait vivant !"
     
    "Impossible", rétorque Robert, "L'homme qui m'a dit cela est beaucoup plus crédible que toi !"
     
    disneymike
     
     

    Nuages

     
    "Les nuages qui flottaient au dessus, ressemblaient à des blocs de poussières durcies, sortis d'un aspirateur qu'on avait oublié de vider depuis longtemps."
     
    Haruki Murakimi "Kafka sur le rivage", éd. 10/18, 2007
     
    haruki murakami
     
    kafka sur la rivage
     
     

    Esprit humide

     
    "Je crois que cette inondation m'a aussi inondé l'esprit au point qu'on ne pourra plus le faire sécher".
     
    Après avoir descendu des débris de plancher à la poubelle, je confiais à Monsieur Moochagoo que je venais de jeter un coup d'oeil dans mon for intérieur, et j'avais constaté que, maintenant, j'étais humide au dedans.
     
    "Qu'entendez-vous par humide au dedans ?", me dit-il.
     
    "Je veux dire que je pourrais être transformé en une sorte d'esprit humide, et je ne désire pas subir de modification. Vous savez, c'est un peu comme si je faisais une crise d'humidité interne. Les crises d'humidité interne, c'est une chose à éviter".
     
    "Monsieur Moochagoo, en veine de poésie cita Rimbaud : "Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles / La blanche Ophélia flotte comme un grand lys / Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles.."
     
    "Vous vous rendez compte, j'ai des sueurs froides rien qu'en y pensant. Quand je sourirai à l'intérieur, j'aurai l'impression de pleurer !"
     
    "Je ne veux pas vous contrarier, mais vous avez le temps avant de complètement ramollir au dedans". Monsieur Moochagoo partit en disant : "Cela me fait penser qu'il faut que je prépare une terrine de saumon au beurre ramolli". 
     
    Bon, allez, un coup de sèche-cheveux pour, après les prises électriques, sécher mon for intérieur.
     
     
     
    Bateaubouteille

    Une méthode scientifique

     
    Le Roi de France et ses Pairs partirent à la chasse au chevreuil.
     
    Alors qu'ils approchaient de la forêt, un serf se précipita au devant d'eux, en agitant les bras et en criant : "Je ne suis pas un chevreuil !".
     
    Le Roi prit son arc, et tua instantanément le serf avec une flèche en plein coeur.
     
    Un des Pairs s'exclama : "Pourquoi votre Majesté a-t-elle tiré, il avait dit qu'il n'était pas un chevreuil !!"
     
    "Mon Dieu", répliqua le Roi, "J'ai cru qu'il avait dit qu'il était un chevreuil !"
     
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    La peinture fait plouff

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    05-10
     
    En général la peinture des plafonds reste au plafond, mais il y a des limites.
     
    Quand de l'eau s'installe entre le plafond et la peinture, la peinture fait plouff, elle n'est plus là à titre définitif. La discrétion n'est pas assurée, il y a des bruits. Au début on pense que c'est la voisine du dessus qui fait encore tomber des objets (c'est sa principale activité), mais non, c'est la peinture qui tombe par plaques.
     
    Du point de vue des bruits c'est très irrégulier, si on veut plus de régularité, il faut utiliser une spatule pour faire tomber tous les morceaux. Et là, on peut contempler une belle tache humide. Un plafond avec des taches humides, c'est comme un ciel avec des nuages, il ne manque que les oiseaux.
     
    Monsieur Moochagoo m'a dit : "Surtout ne pleurez pas, c'est assez humide comme cela. Je pense aux voisins du dessous."
     
    C'est très vrai, quand on pleure, les larmes vont rarement au plafond. J'ai remercié Monsieur Moochagoo de son soutien moral. Et puis on n'a pas besoin de pleurer pour avoir une raison de vivre.
     
    Maintenant que la peinture est partie, c'est un souci en moins.
     
    Belle journée.
     
    3Dteacup
     
     
     
     

    Désintoxication

     
    Faire sécher des prises électriques avec un sèche-cheveux, telle était la tâche que s'était donné Monsieur Moochagoo.
     
    Il avait dévissé les prises mouillées par l'inondation de notre appartement et, à quatre pattes, tel un coiffeur professionnel, faisait une ondulation indéfrisable aux fils électriques et aux dominos. Je m'inquiétais du peigne, mais Monsieur Moochagoo se mit à chanter "Da-da-da-dam / Da-da-da-dam / Car il ne suffit pas / D'avoir les cheveux longs"*.
     
    Je coupais au cutter les endroits où le papier mural présentait des cloques, afin de laisser sécher le plâtre. Le problème, ce sont les lois de la nature qui font que l'eau tombe de haut en bas. Ce n'est pas pareil pour le sang, car rien qu'à penser à cette inondation, il me montait à la tête.
     
    "Il faudrait pouvoir se faire désintoxiquer des pensées obsédantes", me confia Monsieur Moochagoo.
     
    Nous avons ouvert une bouteille de Brouilly pour commencer la désintoxication. Même si ça ne marche pas, ça aide à vivre. Madame Snake râlait parce qu'elle ne boit que du champagne et qu'il faisait froid (à cause des fenêtres ouvertes destinées à combattre l'humidité).
     
    "Le bon côté des choses c'est que les cent trente CD et les livres sont presque secs", m'informa Monsieur Moochagoo, "d'habitude le temps nous est contraire, mais là, il vient à notre aide."
     
    Si le temps est notre allié, pourquoi se turlupiner ?
     
    Belle journée.
     
    * Johnny Hallyday
     
     
     
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    Crush's Coaster

     
    NB : Merci à tous ceux qui m'ont fait un aimable commentaire pour l'inondation de notre appartement.
     
     
    "..j'ai perdu tout mon caquet / Moi qui savait fort bien écrire / Et jaser comme un perroquet."
     
    Je ne me souvenais plus désormais que de ces vers de Racine, adressés à Mademoiselle Vitart. Pour meubler un esprit, c'est peu. Pourrais-je reprendre le RER A pour rentrer chez moi avec ces quelques vers ?
     
    En fait je venais de sortir d'une attraction du "Walt Disney Studios" qui se nomme "Crush's Coaster", avec en sous-titre "Des montagnes russes". J'aurais dû me méfier du sous-titre. Monsieur Moochagoo m'avait dit : "Ce sont de *petites* montagnes russes et c'est marqué *nouveauté*. Vous n'avez rien à craindre, le temps d'avoir un peu peur et vous serez arrivé au bout." Madame Snake avait ajouté : "C'est tiré du Monde de Némo et Crush est une charmante tortue marine. Rien à craindre en effet !"
     
    Cela avait été pire que l'attraction "Indiana Jones et le Temple du Péril", où "on entend les gens hurler de très loin". J'étais à nouveau complètement désossé. Monsieur Moochagoo me tapotait la main pendant que j'essayais de reprendre mes esprits. En fait de "reprendre", je rassemblais les morceaux du puzzle de mes esprits éparpillés un peu partout.
     
    Le soir précédent Monsieur Moochagoo avait proposé de passer une journée à Disneyland, pour se changer les idées et "laisser sécher la moquette, les livres de poches*, les CD.." et aussi pour "essayer les nouveautés." J'avais essayé une nouveauté, c'est sûr. Paraphrasant le Phèdre de Racine, je m'écriais : "Juste ciel ! Tout mon sang dans mes veines s'est glacé / ..Attraction infortunée..Fallait-il approcher de tes nacelles dangereuses** ?"
     
    Pour me remettre les idées en place, bien que je n'eu plus plus rien dans la tête, à part un sentiment de terreur, Madame Snake et Monsieur Moochagoo sont allés examiner des pantoufles "vraiment bien", avec des bouts en forme de Donald, de Goofy ou autres personnages. Toutes ces pantoufles sont d'une grande discrétion...
     
    Je n'ai accepté qu'une seule autre "montagne russe", le train fou "Big Thunder Mountain", avec des "descentes vertigineuses" et des "virages serrés", mais nettement moins horrible. Quoique...
     
    Madame Snake nous a perdu dans les grottes secrètes et labyrinthiques d'Adventure Isle, en compagnie d'un grand nombre de suédois blonds. Le suédois blond est toujours sérieux et se perd sérieusement.
     
    Monsieur Moochagoo, m'a confié que "en janvier 2008, il y aura une nouvelle attraction au "Walt Disney Studios" : "The Twilight Zone Tower of Terror", ce sera époustouflant avec une *vraie* chute d'ascenseur de treize étages."
     
    GLARG, pensai-je.
     
    Belle journée !
     
    * Heureusement seuls une cinquantaine de livres de poches sont humides.
    ** "Dangereuse" est une figure de style, il n'y a aucun danger réel, sauf à être secoué comme une vieille chaussette, ce qui est le but du jeu. 
     
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    Le Radeau de La Méduse

    medus12
     
    Je dormais tranquillement (sans ronfler), lorsque soudain un bruit me réveilla : clic, tip, tip, clic, tipiptip, clip, clip, clip, clip, tip, clic, tip, et de plus en plus vite. Prêt à embrocher le monstre clic-tipeur, car j'étais de mauvaise humeur à la suite de notre défaite au rugeuby, je sautais hors du lit. Haro, donc !
     
    Las, c'était le début d'une cataracte qui coulait dans les escaliers (notre appartement est un cinq pièces sur deux demi-niveaux). Vite des seaux, des récipients en plastique ! Je les mis judicieusement sous les gros filets d'eau qui coulaient du plafond. Malgré le réveil à trois heures du matin, j'étais judicieux. Mon Moi endormi a été extrêmement étonné des capacités du Moi réveillé.
     
    Le problème c'est que les récipients se remplissaient à une vitesse vertigineuse, j'avais juste le temps de les vider. Je réveillais Madame Snake qui partit voir l'appartement du dessus, complètement sous l'eau, du genre plotch plotch, quand on marche sur la moquette. Une arrivée d'eau avait explosé dans l'appartement encore au dessus, vide de ses occupants pour l'instant, partis faire un tour à deux heures du matin. Quand je fais un tour à deux heures du matin, c'est dans mon lit, c'est plus pratique pour se rendormir.
     
    En attendant les pompiers, Monsieur Moochagoo est arrivé, tel Don Quichotte, armé des seaux et de chiffons, en quête de l'Inaccessible Etoile. Il se précipita dans les chambres toutes totalement inondées, pendant que je décrochais les tableaux, et mettais à l'abri (précaire), deux ordinateurs, une télévision et quelques livres anciens.
     
    Vers cinq heures, les pompiers enfoncèrent la porte de l'appartement d'où venait l'inondation, ce qui fit arriver les locataires cinq minutes après (normal, c'est la vie). Il ne restait plus qu'à aspirer environ 150 litres d'eau avec un aspirateur adéquat (assez performant), et à faire sécher *quelques* affaires mouillées. L'électricité ne marche que sur une partie des pièces. Quand au reste, il faudra bien six mois. Au total, dix appartements inondés, pour un petit tuyau crevé.
     
    Monsieur Moochagoo me confia : "A un moment, votre appartement ressemblait au radeau de La Méduse". Je répondis : "Oui, mais je ne vous ai pas mangé, c'est un point positif". Il rétorqua : "Cru, je suis immangeable".
     
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    Cerveau est-tu là ?

     
    La plupart des gens souffrent quand ils voient souffrir une autre personne. Cela peut poser un problème pour les médecins durant leur travail.
     
    Tel est en gros le thème de l'étude de neurologues de Taïwan et de l'Université de Chicago. Ils ont constitué deux groupes de personnes : des médecins et des non-médecins. Ils les ont placés dans des machines IRM, et leur ont montré des images de gens qui avaient l'air de souffrir (en réalité, non).
     
    En regardant les scans des cerveaux, ils ont constaté que les non-médecins activaient une zone nommée "pain matrix" (champ de la douleur). Les médecins activaient assez peu cette zone, mais en revanche activaient une zone "de régulation des émotions".
     
    En fait les médecins gèrent la souffrance dans une autre partie de leur cerveau, afin de pouvoir continuer à s'occuper du patient dans de bonnes conditions.
     
    J'en concluais qu'aucun tortionnaire ne faisait partie des non-médecins, mais on pourrait aussi en inférer que la "pain matrix" est peu développée chez ces personnes au "profil inquiétant", comme on dit chez les psychiatres. 
     
    Mon Moi diabolique m'a confié qu'il refuserait de passer un IRM. Je lui ai fait remarquer que passer un IRM ne faisait pas souffrir, mon genou étant passé à l'IRM dernièrement. Il m'a répondu que genou et cerveau, c'est pas la même chose.
     
    Source : New York Times 02/10/2007
     
    cerveau
     
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    Notre leçon de philo sur l'Infini et l'Eternité

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    05/10
    [Clin d'oeil à "La Vachette"]
     
    Deux vaches sont dans un pré.
     
    L'une tourne la tête vers l'autre et dit : "Bien que Pi, soit en général limité à cinq chiffres, en fait il va à l'infini".
     
    L'autre vache se tourne vers la première et dit : "Moooooooooooh".
     
    La Vachette : http://moofrance.spaces.live.com/ (âmes sensibles s'abstenir en raison d'une bataille au chocolat)

    Pragmatisme

     
    Une femme vient avec une amie, témoigner de la disparition de son mari à la police.
     
    Ils demandent une description de son mari, et elle répond : "Il fait 1,86m de hauteur, bel homme, mince avec de beaux cheveux".
     
    Son amie lui dit interloquée : "De qui tu parles ? Ton mari fait 1,58m, il est chauve avec une grosse bedaine !"
     
    La femme répond : "Qui veut que celui-là revienne ?"
     
    (source "Plato and Platypus" de Cathcat et Klein, ed. HNA)
     

    Miroir

     
    "Je suis comme le héros d'Homère dans l'Iliade, qui "remue ses pensées dans son âme". C'est comme si tout ce que j'entreprenais était conduit à terme à l'échec."
     
    Je revenais voir Monsieur Moochagoo pour parler du voyage, mais je le trouvais en plein marasme. Il avait eu comme nouveau projet de concevoir un "Miroir qui parle".
     
    Je voyais déjà les dangers d'une telle invention. J'imaginais la Castafiore chantant devant son miroir : "Ah je ris de me voir si belle en ce miroir", pendant que le miroir, ironique, commenterait : "Tu n'es qu'un reliquat surrané de l'époque des grandes divas de l'Opéra".
     
    Prudent, mais ne voulant pas être en reste sur les citations grecques, je demandais : "Votre miroir, en vous réflechissant, a-t-il voulu vous prévenir, tel l'Ajax de Sophocle : Je vois bien que nous ne sommes, nous tous qui vivons ici, rien de plus que des fantômes ou que des ombres légères."
     
    "Comment avez-vous déviné ? Mon miroir qui parle, ne me renvoie qu'une très vague silhouette de moi-même, avec ce commentaire : "Il ne faut pas être obnubilé par son portrait".
     
    "Au moins, voilà un miroir qui s'inquiète de votre santé ! Vous savez, les miroirs sont des leurres, ils ne réflechissent que des images", répondis-je.
     
    "Oui, mais ce miroir ne réfléchit même pas correctement".
     
    Ne pas réfléchir correctement, c'est très humain, pensais-je.
     
    Monsieur Moochagoo s'approcha une nouvelle fois du miroir. On voyait bien la pièce qui se réfléchissait dans le miroir, mais de Monsieur Moochagoo, point.
     
    "Cela me rappelle un film de Polanski, "Le Bal des Vampires", où les vampires, en train de danser, ne se réfléchissent pas dans les grandes glaces du salon", fis-je remarquer.
     
    Soudain, le Miroir se mit à parler avec une voix hautaine et autoritaire : "Je réfléchis très lentement. Ceux qui sont pressés peuvent aller jouer aux billes dans le couloir."
     
    Je pris Monsieur Moochagoo à part et lui chuchotais : "Amenez-lui une femme, peut-être n'aime-t-il pas les hommes ?"
     
    Le regard de Monsieur Moochagoo devint glacial et il répondit : "Pourquoi pas un éléphant, un hippopotame ou même le Pape ?"
     
    Je n'insistais pas. 

    Kak khorochi, kak sviéji

     
    "Kak khorochi, kak sviéji.." (Ô fraîcheur, Ô beauté des roses d'autrefois), Monsieur Moochagoo déclamait le poème en prose de Tourgueniev. Il venait de finir "Pnine"*, l'ouvrage de Nabokov, qui en faisait mention. Du coup l'intégralité du poème (en russe), lui était revenu en mémoire. Il avait commencé "Pnine" en avion. Je l'avais lu peu auparavant. "Pnine" avait été écrit rapidement par Nabokov, pour se distraire, tout en terminant - difficilement - Lolita.
     
    J'étais encore flagada en revenant de voyage, avec ces neuf heures de décalage horaire dans le mauvais sens.
     
    "Vous parlez aussi le russe !", lui dis-je. Bon ce n'était pas très original, je sais. Je continuais : "Vous ne trouvez pas que Nabokov est d'une extrême méchanceté avec Pnine, le personnage de son roman éponyme. Ce pauvre professeur de russe à l'Université de Waindell est traité comme un chien tout au long du livre. Nabokov voyait pourtant en lui une sorte de sage qui est "la cible de moqueries". Pnine aurait été une caricature cachée de Szeftel, un collègue universitaire, émigré russe. Ce collègue avait sans doute deviné qu'il était - en partie - Pnine, et ses relations avec Nabokov se refroidirent".
     
    Monsieur Moochagoo lisait à haute voix un autre poème** trouvé dans "Pnine" :
    "Samotsvié kromié otcheï / Niét ou menia nikakikh / No yest roza iéchtcho niéjnéï..."
    (Nul joyaux, si ce n'est de mes yeux, possédé-je , mais j'ai une rose encore plus tendre que mes lèvres de roses...)
    Ce poème, de médiocre qualité, était cité dans le roman, pour que le lecteur s'en moque.
     
    C'étais mal parti pour parler du voyage et de Madame Snake qui s'était fêlée (?) un doigt de pied*** avant de partir. Il n'y avait pas une place de libre dans l'avion et nous avions joué au jeu bien connu de la sardine en boîte.
     
    "Ya nadiéla tiomnoïé platié, / I monachenki ya skromniéï / Iz slonovoï kosi raspiatué / Nad kholodnoï posteliou moïéi..." **
    (J'ai revêtu une robe sombre / Et je suis modeste comme une nonne ;/ Un crucifix d'ivoire / Surmonte ma couche froide..)
     
    Je laissais là Monsieur Moochagoo et son poème "mystique", l'imaginant en modeste nonne sur sa "couche froide".
     
    * Pnine de Nabokov, Folio 1962
    ** Poèmes écrits par deux des personnages du roman.
    *** "Ben ça s'améliore mon 'norteil' ", me lance Madame Snake.

    Interlude

     
    Mais qu'un bruit, qu'une odeur, déjà entendu ou respirée jadis, le soient de nouveau, à la fois dans le présent et dans le passé, réels sans être actuels, idéaux sans être abstraits, aussitôt l'essence permanente et habituellement cachée des choses se trouve libérée, et notre vrai moi qui, parfois depuis longtemps, semblait mort, mais ne l'était pas entièrement, s'anime en recevant la céleste nourriture qui lui est apportée.
     
    A la Recherche du Temps Perdu (Proust)