-Snake0644's profile"Mister Moochagoo and I"PhotosBlogListsMore ![]() | Help |
Mystère ! Je parcourais "Le Monde" du 30-10-09 dans le RER, lorsque je lus : "Les
constructions de ces imposantes statues de pierre [de l'Ile de Pâques],
pesant des tonnes et mesurant jusqu'à 20 mètres de haut, reste un
mystère. Certains insulaires vont jusqu'à évoquer le concours
d'extraterrestres." Connaissant son intérêt pour les extraterrestres, j'en parlais à Monsieur Moochagoo qui me demanda, pince- sans-rire, s'ils avaient acheminé les statues par camions. Je répondis : "Il faudrait savoir interprêter le rongo-rongo, ce système de signes retrouvé sur l'Ile. On y parle peut-être de camions. Et quel était leur carburant ? De la noix de coco ? Les extraterrestres étaient-ils venus pour chasser les papillons ? Ont-ils changé d'avis en voyant les premières statues de pierre ? Un sentiment altruiste les a-t-il poussé à aider les habitants ?" Monsieur Moochagoo rêvait. Il était sur son sujet préféré : les OVNIS et les extraterrestres. C'ést le seul sujet où il abandonne un peu de sa logique caustique. Je revins à la réalité : "Mais je n'imagine pas une grand vaisseau extraterrestre emportant des lots de statues avec un "faisceau d'anti-gravité", ça fait film de série Z". Monsieur Moochagoo soupira : "Vous avez raison, qu’ "ils" soient là ou pas, absolument rien ne permet de l'affirmer. Tenez, le 18 avril 2009, dans la Sarthe, des gendarmes auraient vu une sphère lumineuse (20/25m de hauteur), au dessus des champs et en lisière de la forêt de Jupilles, à 3h25 du matin. Mais, c'était un canular." Dommage, avec ce genre de phénomène, on disposerait d'un bel éclairage public à peu de frais. Belle journée ! Résumé : Gardien de statues à l'Ile de Pâques, est-ce bien payé par les extraterrestres ? ![]() Illustration de Christopher Foss Un billet sur rien "Ce qui me semble beau, ce que je voudrais faire, c'est un livre sur rien [...], qui se tiendrait lui-même par la force interne de son style, [...] un livre qui n'aurait presque pas de sujet, ou du moins où le sujet serait presque invisible, si cela se peut". Flaubert (Correspondance). A ce moment-là, Flaubert travaille sur Madame Bovary et il s'ennuie. Seul le style l'intéresse. Mais comme toujours, mes yeux se sont arrêtés sur quelques mots : "un livre sur rien". Je veux faire un billet sur rien, tel est mon voeu. Je n'aurais pas dû en parler à Tante Germaine, car elle me répondit in petto : "Je croyais que l'essence même de tes billets, c'était justement ce rien que tu appelle de tes voeux. Les seuls billets que j'ai aimé durant ton voyage, sont ceux où tu t'inspire du genre "Westerns". Pour le reste, c'est sûr, le sujet était invisible." J'eus l'impression que Tante Germaine jouait à colin-tampon avec mes billets, qui, c'est vrai, ne participent pas à une entreprise romanesque, ni ne s'occupent "des traverses du sort, de la fortune bonne ou mauvaise, du conflit des passions, des caractères.." (Gide, "Les Faux-Monnayeurs") . A la rigueur, mes billets pourraient avoir l'ambition d'éclairer un peu la question de Ferdinand Bardamu, le héros du "Voyage au bout de la nuit" (Céline*) : "Pourquoi qu'on est là ?" ; ou aussi la question que pose, au moment de sa mort, un personnage de Queneau : "Qu'est-ce que j'aurai foutu ici ?" (Le Chiendent). Tante Germaine m'a fait remarquer que Sartre avait longuement traité de ces questions existentielles, et que j'arrivais un peu tard. Bon, ce n'est pas encore un billet sur rien. Belle journée ! * Autant on peut estimer Céline comme auteur littéraire, autant l'individu Céline fut parfaitement abject. Résumé : En effet, la frontière est mince entre : "Pourquoi qu'on est là ?", et : "Qu'est-ce que j'aurai foutu ici ?" Valkimi, auteur légendaire du Ramayana. Les auteurs sont morts, de préférence."[L'auteur]...C’est également le nom propre d’une personne qui a vécu de telle à telle date (ou qui vit encore, mais les auteurs sont morts de préférence)" Tante Germaine m'avait dit : "Sur l'auteur, lis le cours 'Qu'est-ce qu'un auteur ?', d'Antoine Compagnon, au Collège de France". Je lus les deux premiers cours et tombait sur cette phrase qui m'a affligé vers la fin : "les auteurs sont morts de préférence". J'ai bien essayé de changer auteur par lecteur, mais je provoquais un paradoxe : "[Le lecteur]...C’est également le nom propre d’une personne qui a vécu de telle à telle date (ou qui vit encore, mais les lecteurs sont morts de préférence)". Un lecteur mort, n'est pas un bon lecteur. Je fais un aparté sur le lecteur. Un auteur aimerait souvent vérifier si un lecteur est en bon état. Est-il trop vieux, trop jeune, y a-t-il des problèmes de compatibilité avec l'auteur, avec le sujet du livre ? Il serait même intéressant d'avoir une description du Constructeur, mais, de notoriété publique, c'est un taiseux. J'informais Monsieur Moochagoo du cours pris par mes recherches. Il était vêtu d'un kimono et écoutait son amie japonaise jouer du Shamisen (instrument traditionnel à trois cordes). Elle s'arrêta à ma vue. Nous fîmes de petites inclinaisons (ojigi). Il me répondit : "Agir sans but ni profit est l'attitude exacte" (Dogen, 1200-1253). L'entretien était clos. Belle journée ! Résumé : Monsieur Moochagoo provoque souvent une certaine déconvenue chez ses interlocuteurs. ![]() Est-ce la clochette qui résonne dans le vent ? Question au Maître : "Est-ce la clochette qui résonne dans le vent ?" Réponse du Maître : "Ce n'est ni le vent, ni la clochette. C'est notre esprit seul qui résonne". Monsieur Moochagoo méditait sur cette anecdote rapportée par Samghanandi, patriarche bouddhiste (époque indéterminée). Je ne lui dis pas que cette anecdote me faisait penser à la Fée Clochette dans "Peter Pan". Je venais le voir, car j'avais lu dans "Conférences" de Jorge Luis Borges (1979), que celui-ci ne s'intéressait au livre qu'avant sa matérialisation. Pour ma part je ne voyais pas ce qu'était un livre immatériel. Est-il dans l'esprit de l'auteur ? "Un livre immatériel résonne-t-il au moment de s'incarner dans un support papier ou digital ?", dis-je, un brin provocateur. Monsieur Moochagoo me lança un regard très sec, et cita Ikkyu (1394-1481) : "Est-ce la clochette ou est-ce le vent qui possède un son ?" Je lui demandais s'il voulait me dire : "Est-ce le livre immatériel ou est-ce son support qui possède le statut de livre pour un auteur ?" J'eus droit à un deuxième regard très sec. Il cita Barthès : "La naissance du lecteur doit se payer de la mort de l’Auteur". [R. Barthes, Le bruissement de la langue, 1984] Je me demande si j'ai bien écris ce billet. Belle journée ! Résumé : Les Auteurs ont été sérieusement endommagés. Les retrouver sera dorénavant difficile. ![]() CerfLe tête à tête avec un cerf dix-cors durait depuis une minute. A dix mètres de nous, il occupait toute la largeur du chemin "La Deuxième Route Ronde" de la forêt de Chantilly. Le soleil qui passait à travers le brouillard matinal et les grands arbres, lui donnait un air fantomatique. Je pensais aux innombrables gravures du XIXème siècle qui représentent cet animal. Toutes ces gravures se superposaient dans mon esprit à l'image du cerf que nous avions devant nous, pour n'en faire plus qu'une. La minute qui venait de s'écouler semblait "une minute affranchie de l'ordre du temps". [Proust] Dieu merci, aucun chasseur ne piquait des deux en criant "Taiau, taiau, taiau". J'étais paralysé, un seul geste le ferait partir. Monsieur Moochagoo, restait aussi immobile qu'un personnage du théatre Nô qui interprète un de ces arrêts prolongés, qui énervent tant les spectateurs occidentaux. Je tentais lentement de saisir mon appareil de photo...et il partit comme à regret, encore plus curieux que nous. Monsieur Moochagoo recommença à parler : "Savez-vous que pour les Inuits, nous sommes des Kablunaks [Etrangers] ?" Belle journée ! Résumé : Moi, un Kablunak ? Je ne me suis jamais senti aussi ridicule ! Bande de nazes !Monsieur Moochagoo : "Vous n'avez jamais eu envie d'écrire le mot "Fin", ou une phrase provocante du style : "Allez bande de nazes, je vous quitte", sur votre Blog ?" Moi : "Je n'aurais pas utilisé le terme : Bande de nazes. Si j'avais eu l'intention de terminer ce blog, je m'en serais remis au hasard. Je préférerais que la fin soit causée par une coïncidence ou une rencontre fortuite." Monsieur Moochagoo : "Vous pourriez vous décider en tirant les cartes d'un tarot, ou en jetant en l'air une pièce de monnaie ?" Moi : "Pierre Soulages a dit : 'Il faut être attentif à ce qu'on n'attend pas, à ce qu'on ne connaît pas [...] Nous ne savons pas ce que nous allons faire, ni ce qui va se faire' [Le Monde du 16/10/09]. Je suis entièrement d'accord avec ses paroles. Tirer les cartes ou jeter un pièce en l'air, c'est provoquer le hasard. Je préfère donc une coïncidence ou une rencontre fortuite." Monsieur Moochagoo : "Ce serait pourtant intéressant d'écrire sous la menace d'une fin imminente !" Moi : "Vous jouez sur les mots. Tenez, j'aimerais écrire un jour des billets aseptisés qui racontent un monde idéal en papier glacé." Monsieur Moochagoo : "Pour l'instant, vos billets ont plutôt une écriture éraillée, si je peux me permettre cette catachrèse". Moi : "Une écriture éraillée ? Bon, d'accord, je m'y tiens. "Et d'ineffables vents m'ont ailé par instants". (Rimbaud) Résumé : "Ouf ! Quelle émotion ! Ce billet va enrichir ma collection", dit un client du Hasvik Hotel [Hasvik, Norvège], en fermant son ordinateur portable. Illustration de Mike McCain (http://www.mikebot.net/) La musique adoucit les moeurs Lorsque j'arrivais chez Monsieur Moochagoo, il y avait là une de ses amies japonaise, qui jouait de la Koto (cithare japonaise), habillée d'un kimono traditionnel. Il m'expliqua que David jouait de la cithare pour délivrer Saül des esprits mauvais* : "La musique possède une sorte de charme qui apaise et guérit. J'en ai besoin après chaque voyage, pour rétablir mon équilibre intérieur". "Je penserai à cela, la prochaine fois que j'écouterai les vociférations heavy metal du groupe Ramstein", répondis-je, "vous savez le genre : We're all living in Amerika, Coca Cola, Wonderbra, we're all living in Amerika, Amerika, Amerika / This is not a love song, this is not a love song..." Il ignora ma remarque : "Vous connaissez l'expression le début annonce la suite, et bien, en dehors des charmes du Koto, je m'initie au théatre Kyôgen". Il prit un masque de Shite sur une table, et commença à chanter un Uta du Kakushidanuki ("Le Blaireau Caché", farce burlesque japonaise). Le son de sa voix était curieux et évoquait un chat dont on écrase la queue. Un chien se mit à hurler dans un appartement voisin. Je m'éclipsais discrètement. Belle journée ! Résumé : Peut-être reverrons-nous un jour l'amie japonaise de Monsieur Moochagoo. * "Ainsi, chaque fois que l'esprit de Dieu assaillait Saül, David prenait la cithare et il en jouait; alors Saül se calmait, il allait mieux et le mauvais esprit s'écartait de lui" (1 Samuel, chapitre 16) "Il faut combattre les effets du décalage horaire" Se retrouver au milieu d'une procession religieuse au nord du village de St-Lambert, en pleine Vallée de Chevreuse, après avoir parcouru des milliers de km dans des régions désertiques est une surprise presque exotique. A part un tout petit garçon qui faisait pipi au milieu des fidèles, tous avaient un air de gravité en accord avec la cérémonie. Monsieur Moochagoo m'avait dit le samedi : "Il faut combattre les effets du décalage horaire. Nous allons faire un parcours classique : le chemin de Port Royal, avec un retour par Les Grands Ambésis et St-Forget, un petit 25 km, sans forcer. Idéal !" Dans la côte de St-Lambert, après le Carrefour du Roi de Rome, il a fallu éviter une cinquantaine de cyclistes, qui participaient à une course VTT de la ville de Chevreuse. Un petit groupe s'exerçait même au monocycle (VTT à une roue). Quelques jeunes filles débutantes hésitaient à descendre, car freiner dans la boue peut s'avérer problématique. Un couple de randonneurs étaient devant nous à la sortie du RER de St Rémy-lès-Chevreuse. Nous les avons dépassé un peu avant Chevreuse, mais, après 3 km, nous les avons aperçu devant nous au Moulin de Fauveau. Nous les avons à nouveau dépassé, car ils sont allés visiter le site de l'ancienne Abbaye de Port Royal. Mais à nouveau, 3 km après, au lieu du déjeuner au Carrefour de la Minière, ils étaient devant nous. Monsieur Moochagoo n'était pas loin de penser que nous avions affaire des êtres dotés de pouvoirs mystérieux. Je me moquais de lui en lui disant que nous étions loin de l'atmosphère du film "Le Projet Blair Witch". Après le déjeuner (et un petit rosé), nous ne les avons plus revu. Belle journée ! Résumé : Le rosé bien frais doit être bu sans penser à rien de particulier. "It’s pretty damned magnificent" Dans le film qui passait dans l'avion,
le héros disait à l'héroine : "It’s pretty damned magnificent". Mon
intérêt tomba avec cette phrase, et je retirais mes oreillettes. Je ne pouvais pas dormir comme Monsieur Moochagoo, qui avait fermé les yeux juste après avoir murmuré : "La vie, c'est comme nager dans un océan d'incertitudes". Je n'avais eu le temps de lui demander s'il pratiquait la brasse ou le crawl. Madame Snake somnolait sur trois sièges. J'étais captivé depuis le départ du vol par un homme grand et corpulent, qui était assis sur un siège de la rangée voisine. Il avait réussi à caser son ventre avec difficulté et regardait fixement devant lui. Comme moi, il avait vu le début du film, mais avait coupé le son assez rapidement. , A part le repas, qu'il avait englouti rapidement, il ne faisait rien. Je dormis par intermittence, regrettant de ne pouvoir dormir à plat ventre ou sur le côté gauche. A chaque fois que j'ouvrais un oeil, mon voisin semblait scruter un point invisible. J'eus été incapable, comme lui, de ne rien faire. Les heures ont passé, j'ai fini pas m'intéresser au deuxième film, un comédie assez désolante, qui avait eu un grand succès. Quand on s'ennuie, après avoir lu un livre d'Yves Bonnefoy, "Rome 1630", un film médiocre vaut mieux que rien. Une heure avant l'arrivée, mon voisin chaussa des lunettes avec des verres assez épais et jaunes, et fit ce qu'il savait le mieux faire, regarder fixement devant lui. Cinq minutes avant l'atterrissage, il s'endormit la tête en avant et se réveilla brusquement au moment du choc des roues sur la piste avec l'air de dire : "Où suis-je ?". Lorsqu'il se leva, je m'aperçus qu'il devait faire dans les 1,90m pour 130kg, avec un torse massif et large. Une force de la nature, capable de ne rien faire pendant huit heures trente*. Un beau vol ! * Depuis, j'ai imaginé que c'était un mathématicien qui faisait défiler les équations devant ses yeux, comme certains mathématiciens de haut niveau, qui se couchent et voient défiler les équations sur le plafond de leur chambre. En ce qui me concerne, voir une simple addition me demanderait déjà un effort quasi insurmontable. Résumé : Monsieur Moochagoo avait oublié sa robe de chambre, mais tout ceci est de l'histoire ancienne. Outre-Atlantique - dernier![]() Government Camp 5 octobre 2009 Monsieur Moochagoo se tenait debout, les deux pieds dans la neige, et regardait le Mont Hood, entièrement blanc. Je lui demandais pourquoi il restait les deux pieds dans la neige, alors que la chaussée était sèche et dégagée juste à côté de lui. Il me répondit que la neige blanchissait ses états d'âme et que cela lui faisait du bien. Pour notre dernière journée nous étions venus jusqu'à "Government Camp", aux pieds du Mont Hood (un stratovolcan éteint de 3426m), 60 miles à l'Est de Portland (Orégon). Je lui demandais avec circonspection s'il n'avait pas voulu plutôt dire refroidissait, au lieu de blanchissait. J'eus droit à un regard sévère et une réponse énigmatique : "Excellent ! Voilà qui pourrait se révéler un heureux substitut. Je reste convaincu que la chose la plus importante, c’est la réduction." Je songeais que nous n'étions qu'à 1000m d'altitude, et qu'il ne pouvait avoir l'ivresse des hauteurs. Longtemps les propos de Monsieur Moochagoo m'ont paru très énigmatiques et il en résultait que son esprit ne pouvait être qu’une terra incognita…Maintenant, j'ai évolué, ses propos ne sont plus qu'énigmatiques. Nous sommes redescendus déjeuner entre ZigZag et Rhododendron, deux localités sur la route 26. Le restaurant était tenu par une jeune femme imposante, originaire de Dubrovnik. La cuisine correcte, fut une bonne surprise. Demain réveil à 6h30. Retour à Paris, via Dallas. Belle journée ! Résumé : "Oh, je ne crois pas qu’il faille chercher une logique là-dedans". Outre-Atlantique - 18 3 octobre 2009 ll faut bien rentrer..et retraverser l'Orégon d'Ontario à Portland (600km). Alors qu'il neigeait sur l'autoroute 84 depuis un bon quart d'heure, Monsieur Moochagoo avait "un état d'âme de camembert". Je m'interrogeais sur cette expression. Je lui demandais à tout hasard, si c'était un état d'âme "coulant". Il me répondit : "Vous me connaissez, je suis tout sauf coulant". Il garda le silence, je n'étais pas plus avancé. A l'inverse, je demandais alors : "Alors, un état d'âme pasteurisé ?" "Vous insinuez que mes états d'âme sont carrément insipides ?" dit-il, l'oeil noir. Ouh là, je gardais par devers moi une dernière question sur les états d'âmes de camembert aux asticots. A ce sujet, certains amateurs affirment qu'il faut laisser l'asticot propre en suçant le camembert autour. Je vous laisse le soin d'en apprécier le bien-fondé gastronomique. Mes pieds se refroidissaient. Le thermomètre de la voiture affichait 0°C, au dehors. Il neigeait de plus en plus. Heureusement la neige ne tenait pas, sinon nous aurions eu quelques problèmes. L'actrice Shirley McLaine, bien connue pour ses croyances "New Age", affirme que lorsqu'on a froid, il faut penser à une journée où la chaleur était torride, et on se réchauffe immédiatement. Je pensais fermement à Yuma et à ses 42°C. Mais, à ce moment-là, Madame Snake demanda de monter le chauffage de la voiture. Peste, mon expérience tomba à l'eau. Ce sera pour une autre fois. Une fois quittées les Montagnes Bleues, la neige s'arrêta de tomber brusquement. Au niveau de Pendleton, la route était sèche. Belle journée ! Résumé d'un lecteur américain : " In some ways, about camembert, it leaves me with even more questions" (D'une certaine façon, après la lecture de ce billet, je me pose encore plus de questions sur le camembert). Grosses rafales de neige "mouillée". Après la neige, les éoliennes. On remarquera l'authentique casquette de la Légion Etrangère de Madame Snake, sans laquelle un voyage n'est pas un voyage. Outre-Atlantique - 17 [Un journée sans internet] 30 septembre - 1er Octobre 2009 ![]() Nous étions à Wells au Nord du Nevada, vers dix heures du matin et j'étais songeur. Je n'étais pas songeur devant l'enseigne de McDonald où nous n'avions jamais déjeuné, malgré les demandes pressantes de Madame Snake. Je n'étais pas songeur devant le prix de l'essence : 2.69$ pour 1 gallon d'essence sans plomb (1,90 euros pour 3,785 litres)* ; ce qui reste très inférieur aux prix européens. Enfin je n'étais pas songeur devant le nom de l'entreprise de distribution d'essence : "Love's". J'étais songeur devant cet arbrisseau couvert de glace, alors qu'à peine une dizaine de jours auparavant nous étions à Yuma, avec 42°C de chaleur. A peine deux jours avant nous remontions vers le nord de l'Arizona par un vent très fort qui soulevait au fond de chaque canyon des nuages de poussière et de sable de plusieurs centaines de mètres de hauteur. Quand les bourrasques de sable passent au dessus de la route, la seule solution est de "s'accrocher" au camion qui est devant, et de suivre ses feux arrières. ![]() La photo ne rend pas bien les bourrasques de sable. Et subitement, en passant dans l'Utah, le vent s'était calmé, mais une poche de froid centrée sur le Colorado, avait déposé de la neige au dessus de 2000m sur les montagnes à l'est de l'axe Cedar City - Salt Lake City. La chaleur était revenue en parcourant l'autoroute 80, toute droite sur 100 miles, entre Salt Lake City et Wendover**. Cette autoroute est construite sur le Lac Salé. Le miroitement de la chaussée, se mêle au miroitement des nappes de sel, et seuls les minces bas côtés indiquent la route à suivre. Et, ce 2 octobre au matin, j'étais là, à contempler cet arbrisseau gelé, songeur. Résumé : A cause du froid, Madame Snake ne met plus ses chaussures Croc, mais des baskets. * Au Nouveau Mexique, on trouve l'essence la moins chère : 2,29$ pour 1 gallon. ** A Wendover, il y a des casinos, au milieu littéralement de nulle part. Nous y avons couché. Madame Snake a gagné 60$. Monsieur Moochagoo a essayé une nouvelle martingale qui lui a fait perdre 47$. J'ai surveillé Madame Snake pour qu'elle ne reperde pas ce qu'elle avait gagné. ![]() Autoroute 80. Là aussi la photo ne rend pas du tout les miroitements. |
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