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Notre quart d'heure scentifique - 2

 
Alexander Luria (1902-1977), neurologue et psychologue soviétique, a essayé de concevoir des tests de raisonnements pour des habitants d'Asie centrale, qui ne savaient ni lire ni écrire.
 
Il leur a donc posé une question : "Dans le Grand Nord, là où il neige, il y a des ours blancs. Nova Zemblya est situé dans le Grand Nord, là où il y a toujours de la neige. De quelle couleur sont les ours de Nova Zemblya ?"
 
Là, je sens que certains d'entre-vous suent à grosses gouttes et froncent les sourcils. Leur cerveau fait clic-clic-clic-ploc, et ils répondent au bout d'un certain temps (restons vagues pour ne froisser personne...) : "BLANC". Bravo, c'est la bonne réponse.
 
Les réponses des habitants d'Asie Centrale étaient variables :
 
"Comment le saurais-je ? Je ne suis jamais allé dans le Nord".
"Pourquoi m'interroger ? Vous avez voyagé mais pas moi".
"Trucmuche a dit que les ours étaient blanc, mais il ment tout le temps".
 
En général les sociétés orales, ne répondent à une question logique, que si cette question est en rapport avec ce qu'ils connaissent déjà. La logique abstraite ne les concerne pas.
 
Si on demande à des occidentaux quel est l'objet intrus dans "Marteau, scie, hâche, bûche", ils répondent "bûche". Les habitants d'Asie Centrale ont répondu : "Ils vont tous ensembles, vous avez besoin de la scie et de la hache pour couper le bois et du marteau pour le clouer."
 
Leur réponse était parfaitement intelligente, et cela prouvait que l'intérêt pour les problèmes de logique pure s'acquiert et n'est pas naturel.
 
Un dernier pour la route : en Occident si on demande aux enfants de classer : couteau, fourchette, cuillère, orange, banane, pomme, ils classent les trois premiers en ustensils et les trois derniers en fruits. Si on pose la même question à un paysan africain, il répond qu'un homme sage met ensemble le couteau et l'orange, le premier servant à couper la seconde. Et si on lui de demande de ranger le tout, comme le ferait un fou, il range "couteau, fourchette, cuillère" d'un côté, et "orange, banane, pomme", d'un autre. 
 
C'est fou !
 
Source : "QI et intelligence humaine", N. J. Mackintosh, Alain Brossard et Philippe Chartier - De Boeck, Novembre 2004.
 
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Notre quart d'heure scientifique

 
un compteur pour votre site 08-06
 
L'Euthecodon est un animal du genre crocodile, qui a vécu durant le moyen Miocène (Il y a 13-16 Millions d'années). On en a retrouvé des traces fossiles en Afrique. Contrairement aux crocodiles actuels qui ont des mandibules larges, ils avaient des mandibules très étroites et longues de 1,5m (ils faisaient environ 7 mètres de longs).
 
Pourquoi des mandibules très étroites ? Ils mangeaient des poissons, et cela leur permettait d'évacuer l'eau très rapidement, et de ne pas laisser échapper lesdits poissons. Curieusement les dents de l'Euthécodon sont à 45°. Nouveau mystère !
 
Les scientifiques, jamais en mal d'imagination, se sont intéressés aux pneus d'un grand Constructeur français. Ils ont examiné les raignures rectilignes qui font le tour du pneu. Ces raignures sont dentelées avec des "sorties d'eau" gravées à 45°. Pourquoi 45° ? Parce que c'est la façon optimale d'évacuer l'eau, en cas de pluie.
 
Les chercheurs du Constructeur avaient retrouvé un procédé, inventé par la Nature, il y a 16 millions d'années...
 
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Source : P. Vignaud IPHEP-CNRS

Rêve

 
"J'ai fait un rêve curieux cette nuit. Je rêvais que je devais aller chez l'ophtalmo, et je me disais qu'il fallait que je nettoie mes oreilles, car c'est là qu'il allait regarder. J'avais réellement rendez-vous avec mon ophtalmo, ce matin à l'aube. C'est ce qui a provoqué ce rêve."
 
Je racontais mon rêve à Monsieur Moochagoo, avant d'aller à la fête des voisins. C'était un bon départ, car Monsieur Moochagoo est mon voisin, et il faut entretenir des relations cordiales avec vos voisins, surtout ceux qui veulent vous casser la figure. J'en ai un, deux étages en dessous, qui veut casser la figure à tout le monde, sauf à ceux qui sont comme lui. Depuis que je lui en fais la remarque, il ne me parle plus et feint de converser avec son bichon qui, lui, m'aime bien.
 
Je n'ai aucun mérite, pour se fâcher avec un bichon débordant d'affection, il faut avoir un coeur de pierre. Quoiqu'un coeur de pierre c'est pratique pour les transplantations. On met un galet de Trégastel, et hop, on a un coeur tout neuf. Un galet de Trégastel, c'est très solide, et ça devient galet après avoir été, pendant des centaines d'années, roulé par les vagues. 
 
Monsieur Moochagoo me dit : "Tiens, cela me rappelle un chanson bretonne" : "An dir a gan war ar vein galet, Klemm ar vigin. An dir a gan war ar vein galet, Mouez an anne" [Eugène Teurnier, "Les tailleurs de pierre"]. Il a commencé à chanter. La pluie s'est mise à tomber, mais c'était beau.
 
Il s'interrompit brusquement pour me parler de mon rêve : "Ce rêve est significatif, pour bien voir, il faut savoir écouter, voilà tout". Je lui répondis : "Vous savez un rêve n'est qu'un rêve. Je ne suis pas Nabuchodonosor et vous n'êtes pas Daniel".
 
Légèrement vexé, il se remit à chanter en breton.
 
Belle journée !
 
!uplift_concept_02Image de Goro Fujita 

Phoenix

 
La sonde Phoenix est arrivée sur Mars ce lundi 26 mai à 1h38 du matin, heure de Paris. Son but est d'analyser le sol en profondeur, pour y trouver de l'eau et des traces de vie.
 
phoenix 6 Lowell craterExemple de sol avec de la glace, au Nord de Mars (Lowell Crater 201km de diamètre).
 
phoenix 0Phoenix (image de synthèse)
 
phoenix 3Le pied de Phoenix
 
phoenix 1La population martienne n'est, à ce jour, pas visible sur les photos prises par les sondes américaines.
 
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Source : NASA
 
 

Mensonge !

 
"...Dans ma jeunesse, vers dix-huit ans, j'ai essayé d'apprendre la guitare basse et la batterie, mais cela n'était très convaincant. Je ne me sentais pas vraiment à l'aise. Et puis je me suis enthousiasmé pour la nourriture macrobiotique. Mais la nourriture macrobiotique a refusé de s'associer avec mon organisme. Je faisais de mon mieux mais ça ne collait pas. Après je me suis mis au poker, on se réunissait dans un café, "Chez Jo". Les parties duraient des heures. Au bout de trois mois j'ai lâché prise.."
 
En entendant Monsieur Moochagoo soulever un léger voile sur son adolescence, j'étais abolument médusé. C'était la première fois qu'il entrouvrait la porte sur une partie de sa jeunesse.
 
J'étais venu pour parler d'une statue faite en 1871 par Jules Blanchard (1832-1916), qu'on voit au Jardin du Luxembourg, et qui s'intitule : La Bocca della Verità (la bouche de la vérité).  C'est une sorte de "détecteur de mensonge". Un commentaire au bas de la statue nous explique qu'on ne peut retirer sa main de la bouche de la Vérité que si l'on n'a jamais menti.
 
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Je voulais faire un test avec la main de Monsieur Moochagoo, ne voulant pas risquer la mienne. Des fois que...
 
Mais il avait invoqué l'intimité qui ne peut exister sans le secret et le mensonge, et nous avions dérivé peu à peu sur son adolescence. Mon test était mal parti, et la main de Monsieur Moochagoo, en tant qu'outil d'expérimentation, avait une validité scientifique qui devenait pour le moins incertaine. Il me parla de la vérité du récit qui n'est qu'un mensonge, où la question de la vérité se réduit à celle du mode d'être de cette vérité capable de se désigner comme un mensonge. 
 
Se moquait-il ? J'avais quelque difficulté à continuer à penser clairement, en raison de la chaleur lourde, du temps orageux et d'un petit Chablis. Monsieur Moochagoo prit encore son air "Docteur House" (que je déteste), et avec un sourire sarcastique, me dit : "Comment ajuster chaque jour les mensonges du jour précédent, aux réalités du présent ?"
 
Je restais silencieux et il ajouta : "Tout ce que je vous ai raconté sur mon adolescence était faux. C'est ma contribution à votre requête pour tester La Bocca della Verità".
 
Je crois que je vais plutôt m'intéresser au paradoxe du menteur..." d'Eubulide de Milet (IVème siècle av. J.C.) : "Un homme disait qu'il était en train de mentir. Ce que l'homme disait est-il vrai ou faux ?".
 
!watermark La Vérité toute nue (image de Valentin Legrand).
 

MEUH !

 
Pierre Nicole professeur de Racine à Port-Royal-des-Champs avait coutume de dire : "On ne peut désirer par amour-propre d'être délivré de l'amour-propre". Je me demandais, en parcourant le Parc de Sceaux, si Toumaï ("Espoir de vie" en langue gorane, au Tchad) avait un amour-propre.
 
Toumaï est le plus vieil hominidé découvert à ce jour dans un environnement sédimentaire vieux de 7 millions d'années. Les hominidés, par rapport au singes, ont, entre autres caractéristiques, la bipédie, comme nous. C'est une sorte d'ancêtre - mais pas en ligne directe - de l'homo sapiens.
 
Toumaï n'avait probablement pas d'amour-propre, car son univers devait se limiter à des préoccupations très immédiates. N'oublions pas qu'il était entouré de prédateurs et notamment du fameux tigre à dents de sabre, ce qui l'amenait à passer la nuit dans les arbres.
 
Le seul amour-propre qui ait à en pâtir, est celui de nos contemporains qui trouveraient indigne de descendre d'une origine aussi modeste. J'en étais là de mes pensées, quand une minuscule homo sapiens passa à côté de moi en demandant où était le code balise "MEUH". Sept millions d'années d'évolution pour arriver au code balise "MEUH", j'étais impressionnné.
 
Le Parc de Sceaux est parfois le théatre de redoutables "Courses d'orientations scolaires", où un multitude de petits homo-sapiens vont de balises en balises, en suivant des indications données sur un plan photocopié du Parc. "J'te dis qu'c'est là-bas". "Moais non, c'est par là". "Hé, les gars, c'est là". "Ah bon c'est là". En entendant ces phrases, je pensais comme le philosophe Merleau-Ponty, que : "La transformation du mot (qui perd son bruit), en pensée, et de la pensée (qui renonce à son invisibilité), en mot, est le mystère du langage".
 
Les petits homo-sapiens repartirent en courant vers les codes balise QUOI et CALE.
 
MEUH !
 
toumai1Toumaï
 
  
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DSC03011Le Parc de Sceaux

Libellules


"Sur une pierre / la libellule / rêve en plein jour". Monsieur Moochagoo aimait bien ce haïku de Taneda Sankôta. Je lui répondis par un haiku de Basho : "A un piment / Ajoutez des ailes / Une libellule rouge !"
 
Il suffisait de rester quelques instants silencieux sur le bord du canal entre Nemours et Moret, pour apercevoir un ballet étonnant de petites libellules noires et bleues foncé. Monsieur Moochagoo essayait de les prendre en photo au plus près, mais elles s'échappaient perpétuellement. Il ne pût que fixer un scarabée brouteur de pollen, et deux escargots. Il continua par un extrait de poème de Camille Saint Saëns : "Fugitive, transparente / Faite d'azur et de nuit / Elle semble une âme errante / Sur l'eau qui dans l'ombre luit".
 
Nous avions cotoyé des groupes de canards, et observé deux grandes oies sauvages accompagnées de leurs petits. C'est bien la première fois que je voyais de oies sauvages sur ce canal. On y croise des promeneurs, des coureurs, des cyclistes, et des cavaliers, sans compter les petits bateaux et les péniches. J'arrête-là, car "L'écrivain véritable est un homme qui ne trouve pas ses mots" (Valéry), et la liste des choses et des êtres rencontrés risquait d'être infinie. Je ne dispose que d'un intervalle de temps fini, si j'en crois les statistiques générales sur la durée moyenne d'une vie humaine.
 
"Savoir que l'on sait ce que l'on sait, et savoir que l'on ne sait pas ce que l'on ne sait pas : voilà  la véritable sagesse". Je songeais à cet aphorisme de Confucius* en continuant à marcher le long du canal. La végétation recouvrait presque le chemin et, de l'autre rive, on ne devait plus apercevoir que nos têtes. Nous nous sommes arrêtés pour le pique-nique arrosé d'un petit Côte de Provence, dont je savais que nous savions qu'il était frais. Voilà la véritable sagesse.
 
"C’est pour cela qu’on aime les libellules !" (Franz Kafka).
 
Belle journée !
 
*L'énoncé anglais de l'aphorisme est encore plus amusant à lire : "To know that one knows what one knows, and to know that one doesn't know what one doesn't know, there lies true wisdom".
 
DSC_0191Le scarabée (cétoine dorée), de Monsieur Moochagoo
 
DSC_0146Ma chaussure droite
 
DSC_0087Un pêcheur
 
 

 

Au fond du for

 
Samedi, nous étions dans la maison de campagne d'une dame très âgée. Monsieur Moochagoo tenait dans ses bras une pile de dix petits tableaux. Il nous aidait à déménager une pièce afin qu'elle puisse être repeinte, à la suite d'un dégât des eaux. J'avais du mal à le garder au travail, car il avait repéré un placard plein de toiles d'araignées et comptait prendre quelques photos en mode macro.
 
Dans le placard, il y avait une collection ancienne de "Réalités", puis de "Réalités Connaissance des Arts", que nous comptions mettre à la poubelle. Monsieur Moochagoo voulait les garder, mais il n'avait pas de place chez lui, car il y avait plus de cinq cent revues. Il était légèrement déprimé qu'on puisse envoyer "La Culture" à la poubelle.
 
Nous soulevions une petite commode, et il me cita Proust : "Essayer d'aller jusqu'au fond extrême où git la vérité , l'univers réel, notre impression authentique". Je lui dis de poser là la commode dans l'univers réel du salon, dèjà très emcombré. Nous repartîmes démonter l'armoire de toilette. Je lui demandais d'aller couper le courant avant de mettre les fils électriques de l'armoire hors tension.
 
A ma grande surprise le courant fut coupé, mais pas les pensées de Monsieur Moochagoo qui cherchait "à descendre au fond de son for intérieur". Je lui proposais de commencer par descendre l'armoire de toilette par terre, on verrait pour le for intérieur plus tard. Il remplit une corbeille en osier de petits objets divers. Il y avait des dizaines de petits objets accumulés depuis trente ans.
 
Il me fit remarquer que son for intérieur était tellement encombré, qu'il allait avoir du mal à en découvrir le fond. Nous avons poussé une grande armoire normande au milieu de la pièce. Je lui posais une question cruciale : "Comment comptez-vous rebrousser chemin une fois que vous serez au fond de votre for intérieur ? Ce n'est pas tout de décortiquer le fond de son for intérieur, il faut pouvoir remonter à la surface !"
 
Nous soulevions le matelas d'un des deux lits pour le mettre sur l'autre. J'insistais : "Et si, au fond de votre for intérieur, vous ne trouviez qu'une sorte de voile, et qu'il vous faille aller au-delà du voile ? Et s'il n'y avait pas de fond ?"
 
Nous avons déplacé deux grandes glaces dans la cheminée. "Allons boire un petit Buzet et manger quelque chose sur la table du jardin", dit Monsieur Moochagoo. Il cita Le Roi Lear : "J'y regarderai de plus près".
 
Belle journée !
 
DSC02931Les choses à ranger
 
DSC02990La Culture
 
DSC02983Le jardin
 
 

Nougat volant

 
Ma pensée produisait un écho comme à la montagne. Je venais de penser : "Moi j'aime les nougats volants", et la surprise m'avait fait répéter mentalement : "Nougats volants ?", avec un point d'interrogation. On ne maîtrise pas toujours sa pensée.
 
J'étais en train de lire Montaigne : "La philosophie veut qu'au chastiement des offences receuës, nous en distrayons la cholere : non afin que la vengeance en soit moindre, mais au rebours, afin qu'elle en soit d'autant mieux assenee et plus poisante : A quoy il luy semble que cette impétuosité porte empeschement". (Montaigne, Essais, III, 10).
 
Pourquoi des nougats volants, et pourquoi pas des éléphants polyvalents ? Et surtout quel rapport avec Montaigne ? Je doutais qu'une personne puisse philosopher pendant une vengeance où les émotions dominent, et je doutais également qu'une personne ordinaire, sous l'emprise de la cholere, puisse réflechir afin d'empescher l'impétuosité de gâcher un chastiement bien mérité.  
 
A moins que Montaigne ne fut de l'avis de tante Germaine qui citait volontier Wilhelm Wander : "La vengeance est un plat qui gagne a être mangé froid".
 
Mais comment savoir, si une fois que l'émotion - qui réclamait une vengeance rapide - serait passée, mon Moi futur, après avoir mûrement réfléchi pour rendre la vengeance d'autant mieux assenee et plus poisante, n'abandonnerait pas purement et simplement toute idée de vengeance ? la durée d'une émotion est courte.
 
Mon Moi présent, animé par l'esprit d'une juste vengeance, risquait bel et bien d'être trahi par mon Moi futur.
 
Une seule solution s'imposait, se venger immédiatement. Tel était le principe à retenir.
 
Je me demande si ce billet est bien moral...
 
MontaigneMichelEyquem 

Boum !

 
"Les secrets, si on les laisse comme ça, ça enfle à l'intérieur, et il arrive qu'on ne puisse plus les porter. Si on ne laisse pas entrer un peu d'air de temps en temps, ça finit par exploser. Boum ! Tu saisis ? Et là, ça devient difficile de continuer à vivre."
 
Haruki Murakami, "Danse, danse, danse", Points 1995.
 
goro_sp_0368_waiting_for_the_sun-761881Dessin de Goro Fujita

Petits cailloux tout droit au fond

 
un compteur pour votre site 12-05
 
"Quand je la regardais longtemps, j'avais l'impression d'avoir reçu une pierre au plus profond du coeur. Voilà le genre de beauté qu'elle avait. Le chemin vers le fond de mon coeur était tortueux et compliqué, et tellement long que normalement personne ne pouvait l'atteindre, mais elle, elle avait le pouvoir de viser juste et d'envoyer ses petits cailloux tout droit au fond."
 
Haruki Murakami : "Danse, danse, danse", Points 1995
 
caillou
 

Crotte de mammouth !

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"J'ai dis à ma petite fille, on ne dit pas Ferme ta bouche à Mamie, et alors elle a dit : Crotte de mammouth. Vraiment...!!!"
 
Je marchais à côté de trois dames dans la forêt de Fontainebleau, il faisait plus de 25° et nous étions 58 randonneurs, partis pour un parcours de 22km. Passer en une semaine d'une randonnée dans la neige, à une randonnée sous un soleil ardent, c'était dur.
 
J'étais d'accord avec la Mamie, sa petite fille aurait pu dire Crotte de poulet, alors que Crotte de mammouth semblait indiquer que Mamie était un peu enveloppée. J'étais épuisé à passer mon temps à refléchir ainsi. Nous venions de croiser deux jeunes garçons avec des planches de surf, qui, à nos questions, avaient répondus qu'ils allaient à "Oceanic 815".
 
Des planches de surf en pleine forêt de Fontainebleau, je trouvais cela curieux et voulait m'en ouvrir à Monsieur Moochagoo. Il expliquait à une dame aux cheveux teints en orange vif, qu'il cherchait à acheter une méthode de pensée pour ratisser les idées. Pour ce faire il était allé au Collège de France et avait rencontré deux professeurs de philosophie Jean-Jacques Rosat et Jacques Bouveresse. Ils lui avaient confirmé que dans la boutique "Au Bazar Philosophique" du Collège, on ne trouvait pas de rateau à ratisser les idées. Il avait été profondément déçu, mais la dame ne semblait pas très concernée, et lui demanda s'il aimait "L'amour est bleu" de Vicky Leandros.
 
Je devais cesser de penser à la signification des choses, et en particulier des planches de surf en forêt. Si on commence à réfléchir quand il fait beau et chaud, les jambes s'arrêtent. Je parlais avec la dame aux cheveux oranges, de "Moon river" de Johnny Mercer et Henry Mancini, qu'on entend dans "Breakfast at Tiffany's". C'est un sujet de conversation qui permet d'ouvrir la bouche de temps en temps, sans fatigue excessive.
 
Monsieur Moochagoo me dit discrètement, l'oeil ironique : "Si après les jeunes gens aux planches de surf, vous voyez passer un sportif avec la flamme olympique, prévenez-moi..."
 
Parfois, il m'énerve vraiment.
 
Belle journée !
 
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Business Class

 
En avion vous n'avez rien à faire et vous n'êtes pas obligé de faire quelque chose. Vous pouvez vous occuper avec les revues disponibles. Un article sur Britney Spears assaillie par des photographes est une sorte d'illustration de la culture du rien qui règne dans les avions. Monsieur Moochagoo, pour une fois compatissant, trouvait que l'effondrement psychologique récent de la chanteuse, lui avait fait gagner subitement en densité. Moi je doute que la chanteuse remplisse le vide créé par le phénomène people, qu'elle a contribué à provoquer.
 
Nous rentrions mercredi dernier, et il semblait y avoir un petit problème autour de nos billets. J'avais reçu des messages contradictoires et incompréhensibles de la compagnie d'aviation. Au bout de quelques minutes, on nous annonça que nous étions...en classe affaires en raison de l'accumulation de nos "miles"*.
 
Nous nous étions donc retrouvés dans un salon d'attente, confortable et luxueux, au milieu d'hommes d'affaires stressés et penchés sur leurs ordinateurs portables, ou crispés sur leurs téléphones. C'est bien de se retrouver les doigts de pieds en éventail, non dans un champ de fleur, mais dans des grands fauteuils, avec une boisson de notre choix. Par rapport à la partie de l'aéroport où attend le passager "standard", il règnait dans ce salon d'attente, un silence reposant. Madame Snake buvait une bière Rolling Rock ("It comes from the mountain springs to you"), avec des petits gâteaux salés et du cheddar. Elle s'habituait très rapidement au luxe.
 
DSC02816Salon d'attente Business Class
 
chaussettesDoigts de pieds en éventail
 
Au moment de rentrer dans l'avion, il faut remettre ses doigts de pieds en position normale, entrer dans la zone de bruit, où attendent épuisés, les passagers standards. Madame Snake prit son air de marquise et dit : "C'est insupportable, ce bruit, et tous ces gens partout...!"
 
Monsieur Moochagoo était détaché de ces contingences et lisait : "Kluge, The Haphazard Construction of the Human Mind", de Gary Marcus. En informatique "kluge" est une "petite portion de programme dont on ne connaît pas l'utilité", ou quelque chose qui marche pour une mauvaise raison. En argot, "kluge" est une solution inélégante ou maladroite. En gros, au cours de son évolution, qui a duré quelques millions d'années, le cerveau humain s'est construit de bric et de broc. Je n'osais pas imaginer quel bric et quel broc il y avait dans le cerveau de Monsieur Moochagoo.
 
Une fois l'avion en l'air, étalés dans des sièges...très larges et presque complètements inclinables, on nous a proposé des "Noix et amandes servies chaudes" avec du champagne, histoire d'attendre un entrée de "Saumon fumé et crevettes marinées aux fines herbes" et la "Salade verte de saison, agrémentée de légumes frais avec une vinaigrette balsamique à l'huile d'olive". Nous notons avec Monsieur Moochagoo que les vins blancs "Raymond Napa Valley Reserve Chardonnay" (Californie) et "Giesen Malborough Sauvignon Blanc" (Nouvelle Zélande), ne sont pas à la hauteur des vins français.  
 
Le repas se poursuivit en ce qui me concerne, sur des "crevettes sauce barbecue à l'orange et au piment", avec du riz basmati, des haricots verts et des poivrons rôtis.
 
Pour finir, une coupe glacée à la vanille, excellente. Honnêtement, après un tel repas, la moitié des passagers commence à somnoler et ne regarde pas les quelques vingt films à disposition sur un écran vidéo individuel.
 
Je me prépare déjà au prochain voyage qui se passera en bétaillère normale, avec des *repas* qui laissent sur une petite faim, et pas de place pour les jambes.
 
Monsieur Moochagoo me lit un aphorisme qu'il avait trouvé dans "Kluge" : "Bad luck is better than no luck at all" [N'avoir pas de chance, est mieux que de n'avoir aucune chance].
 
* Chaque miles parcouru donne droit à des points, qui eux-mêmes donnent droit à des voyages gratuits, ou à passer dans la classe supérieure.
 

Le Lac

 
Il faisait très beau !!! Vite, nous nous sommes précipités vers la Kancamagus Highway, dans les White Mountains.
 
La Falls Pond (le Lac des Chutes) était un objectif ambitieux : le chemin qui passe autour du lac fait 1 mile de long. Je vous vois dire : "Eh, eux, 1 mile ça fait 1,609 km, ouai, fastoche". Profonde erreur, car il reste pas mal de neige en plaques irrégulières. La neige masque en partie le sentier et détrempe le terrain. Les racines d'arbres affleurent un peu partout et sont glissantes, comme là où la neige est durcie.
 
Les rares visiteurs qui venaient voir le lac s'arrêtaient au bord, après deux cent mètres d'un chemin sec. Aucun ne pensait à s'aventurer autour.
 
Prudents, nous avons mis Monsieur Moochagoo par devant. Il espérait rencontrer à nouveau des wild turkeys, et tenait son appareil de photo prêt. Nous nous enfoncions dans les premières bandes neigeuse, et le bruit de nos chaussures faisait CHROMP CHROMP, et CHLIP, si la neige fondait.
 
DSC_0128Le chemin
 
DSC_0130Le lac
 
Monsieur Moochagoo récitait "Le lac" de Lamartine : "Ô lac ! rochers muets ! grottes ! forêt obscures ! Vous que le temps épargne ou qu'il peut rajeunir, Gardez de cette nuit, gardez, belle nature, Au moins le souvenir !"
 
Je confiais à Madame Snake que le charme de ce poème allait agir rapidement sur les wild turkeys. Je les voyais déjà accourir, pâmées d'amour et d'admiration, et criant "glouglou, glouglou, glouglou". Madame Snake penchait pour un Moose (Elan), qui viendrait bientôt lécher avec sa langue baveuse, le visage de Monsieur Moochagoo.
 
Heureusement, il arriva à la fin du poème : "Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire, Que les parfums légers de ton air embaumé, Que tout ce qu'on entend, l'on voit ou l'on respire, Tout dise : Ils ont aimé !". Ouf ! Je déteste Lamartine. Flaubert trouvait que Lamartine : "C’est de la folie arrivée à l’idiotisme". Je suis bien d'accord avec lui.
 
On avait l'impression que la neige s’était appliquée à effacer, voire à détruire le chemin initial jusqu’à le rendre invisible. Elle faisait ressembler les traces à un palimpseste raté, qui, sous des abords innocents mettait en pièce notre sens de l'orientation. Madame Snake qui se perd facilement dans un centre commercial, n'apercevant plus notre voiture depuis longtemps, ne voyait que des ombres et des lumières, réfléchies et retournées par des bouts de forêt totalement inondés.
 
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Je dois avouer que le suspense était un peu éventé. Le chemin tournait grosso-modo autour du lac, il suffisait de le garder dans le champ visuel. Notre randonnée était comme un texte où il ne se passe rien, un récit caractérisé par l'absence d’événements romanesques. Nous n'allions pas entendre Monsieur Moochagoo dire, tel le narrateur dans "Le Noeud de Vipères" de Mauriac  : "Je croyais aux larmes de l’amour heureux. Ma jeunesse ne savait pas interpréter ces râles, ces suffocations..".
 
J'avoue que je déteste aussi les romans de François Mauriac. Tante Germaine me disait toujours : "Si tu ne veux plus avoir le moral, lis Le Sagouin."
 
Belle journée au soleil ! 

Wild Turkeys

 
Il pleuvait beaucoup pour changer. La Nouvelle Angleterre est sous l'eau cette année. Après avoir fait un tour à Berlin (NH), ville industrielle sinistrée, en traversant le superbe massif des White Mountains, nous avons tenté d'apercevoir Rocky Branch Ridge (1195m), noyé dans des nuages bas, puis le Mont Washington (1917m)* et  le Mont Adams (1760m). Il n'y avait que des nuées qui s'effilochaient sur des traces de neige tardive.
 
En revanche nous avons vu deux beaux dindons sauvages (wild turkeys) qui ont traversé la route devant nous. Ils avaient complètement disparu en 1854, mais ils sont de retour depuis 1975, et seraient 36000.
 
Madame Snake voulait les écraser, mais nous l'avons dissuadé d'accomplir un acte aussi excessif, préjudiciable à la santé de ces innocents animaux, et non remboursé par l'assurance de la voiture.
 
Monsieur Moochagoo, en pleine forme, chantait une chanson séminole de Floride ("Alligator Dance"), que lui avait envoyé un ami du MIT (Massachusetts Institute of Technology) : "HO YA NEH HO YA NEH, HO YA NEH HO, HO YA NEH HO YA NEH / HO YA NE HO. yo ho WI YE, yo ho, WI YE / WAY HOO YA WAY HOO YA/ yo ho WI YE / WAY HO YA NEH WAY HO YA /NEH yo ho WI YE..".
 
Cette chanson, qui raconte comment les guerriers Ukwehuw protègent les femmes des incursions des alligators des Everglades, n'a pas ramené le beau temps.
 
Nous sommes allés au cinéma de North Conway sans Monsieur Moochagoo, qui voulait confirmer la traduction d'un texte religieux Ukwehuw, que lui avait envoyé le même ami du MIT.
 
Le film était une comédie avec Patrick Dempsey** : "Made of honor" (Garçon d'honneur). Il y joue "le rôle d'un homme amoureux d'une femme, qui lui demande de devenir son garcon d'honneur pour son mariage". Nous étions entourés de minettes en transes. A côté de moi, une dame d'un certain âge, tricotait malgré l'obscurité. Elle a tricoté pendant tout le film sans regarder ses mains. J'étais franchement admiratif. En revanche le film est incroyablement convenu, même si l'acteur semble sympathique.
 
Nous sommes retournés à l'hôtel en écoutant "My Blakean Years" : "..So throw off your stupid cloak Embrace all that you fear / For joy shall conquer all despair In my Blakean year". Du très grand Patty Smith.
 
Une journée à l'eau !
 
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* On y a enregistré le 12 avril 1934, les vents les plus violents jamais enregistrés sur la planète : 370 km/h ou 231 mph.
** De la série "Greys Anatomy".

Mi'kmac

 
Monsieur Moochagoo a finit par trouver LE tee-shirt simple et de bon goût :
 
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Nous étions partis de Bangor pour visiter l'Acadia National Park, où se trouve l'Ile de Mount Désert, où habitait Marguerite Yourcenar (Marguerite Cleenewerk de Crayencour, 1903-1987). C'est un endroit peu propice aux débordements sentimentaux, qui plaisait beaucoup à Marguerite Yourcenar, auteur des plus austère, dont la citation la plus drôle est : "Tâchons d'entrer dans la mort les yeux ouverts".
 
Monsieur Moochagoo, à qui je confiais mes pensées, trouva que j'étais de mauvaises foi. Il était presque couché sur des algues, à Sand Beach, en train de photographier de minuscules crevettes. Une vague un peu plus forte que les autres vint tremper ses baskets multicolores et son pantalon. L'art vaut bien quelques sacrifices.
 
Je me rappellais une autre citation de Marguerite Yourcenar : "Le malheur est que parfois des souhaits s'accomplissent afin que se perpétue le supplice de l'espérance". A mourir de rire !
 
Monsieur Moochagoo était en caleçons, afin de faire sécher son pantalon. Il devait faire 10°C au plus. Madame Snake était enveloppée de divers vêtements, et ressemblait à un eskimau. Il dit soudain : "Je sens l'esprit de Marguerite Yourcenar autour de nous". Un des effets insidieux du froid est de troubler certaines personnes qui y sont sensibles, pensais-je en moi-même, ou alors, nous avions affaire à un épisode chamanique des indiens Mi'kmac, anciens occupants de la Nouvelle Angleterre et de l'est du Canada.
 
Je voulus faire diversion : "Avez-vous lu Alasutmaqn ta'n tetli komkwejwika'sik en mi'kmac ? On y apprend que les puissances négatives étaient les ju'jij ou weti (insectes ou vers de terre) et le jipijka'm (serpent à cornes). N'est-ce pas amusant ?"
 
Non il n'était pas amusé (we are not amused, comme disait la Reine Victoria), mais sous l'emprise de Marguerite Yourcenar. Je proposais à Madame Snake de le retremper en douce dans l'eau, mais elle proposa de lui faire boire un petit verre de poire william.
 
Puisqu'il s'agissait de remonter Monsieur Moochagoo - qui récitait "L'Oeuvre au noir" in extenso, il a une mémoire d'éléphant - je lui fit boire, d'un seul coup, un grand verre de poire william.
 
Monsieur Moochagoo dormit pendant tout le reste de la visite, y compris pendant la montée à Cadillac Mountain.
 
Belle journée "yourcenaresque" !
 
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L'amour est aveugle

 
"Elle était tellement amoureuse de moi, qu'elle ne voyait plus rien. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'elle était amoureuse de moi".
 
Groucho Marx
 
!sp_0390_wonder_forestImage de Goro Fujita
 
 

Bangor

 
"Trust him, but still keep your eyes open" [Croyez-le, mais continuer à garder un oeil ouvert], en lisant ce "fortune cookie", à la fin d'un repas dans un restaurant asiatique du Bangor Mall, j'étais stupéfié, c'était exactement ce que je pensais de Monsieur Moochagoo. Il avait eu pour sa part : "From now on your kindness will lead you to success" [A partir de maintenant, votre bonté vous conduira au succès]. Parfois, je crois rêver...Madame Snake lut son petit papier : "A secret adventure is store for you" [Une aventure secrète vous est réservée]. Le problème c'est que l'aventure est restée secrète.

Le matin, sur la route n°1 qui longe la côte du Maine, en direction de Bangor, nous faisions une pose dans un magasin d'articles de sport. Il s'était longuement arrêté devant une épuisette pour pêche en eaux calmes, et m'avait dit réfléchir sur un "filet à trier les bonnes idées". Il avait ajouté : "Le tout de est de savoir si on a bien trié une bonne idée. Un bonne idée du jour, peut d'avérer désastreuse le lendemain. Il faut donc incorporer la notion de durée, c'est là où cela devient complexe."

Je lui répondis que pour l'instant je pensais à des concombres. Etait-ce une bonne idée ? Non ? Bon, je n'insistais pas. Il me regarda intensément de l'oeil droit, et dit d'un air sentencieux : "Les gens qui ne doutent pas sont en général fort peu nombreux..." Je ne sais pas si c'est pareil pour vous, mais moi je déteste les airs sentencieux.

Monsieur Moochagoo sifflotait maintenant l'Air d’Allazim, "Nur mutig, mein Herze", ["Zaïde" de Mozart, 1780]. Personnellement je préfère l'Air d’Osmin "Wer hungrig bei der Tafel sitzt". C'est un air railleur, ponctué par un rire virtuose : le sot qui se lamente sans connaître où se trouve son bonheur. Un thème très actuel en Occident.

A Bangor, nous étions allé voir la fameuse statue du légendaire bûcheron Paul Bunyan (9,30m !). Juste à côté, se trouve le bâtiment du journal local "Bangor Daily News". Monsieur Moochagoo nous quitta, pour rencontrer un journaliste, qui devait lui donner "certains renseignements", sur un histoire bizarre de Stephen King (pour les fans, l'écrivain habiterait à Bangor, au 49 Florida Avenue).

Je n'aimais pas trop cette "histoire bizarre" avec Stephen King. Nous avions été suivi (?) pendant une heure par une cadillac noire de 1950, conduite par un clown avec un nez et des cheveux rouges, et surtout un sourire sinistre. J'avais eu droit là encore, à des quolibets de la part de Madame Snake et Monsieur Moochagoo. Mais que savons-nous réellement des histoires de Stephen King ? Hein ? Je me sentais seul et sans soutien, comme jeté dans une de ces histoires, sans corde pour me retenir.

Et même si j'avais une corde, si le clown la coupait ?

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clown Stephen King 

Problemes provisoires de connexion reseau.

 
2/5/08 Fin des problèmes. L'hôtel de Bangor me permettait de me connecter par WiFi, mais sans pouvoir accéder à un quelconque site. Bizarre, non ?