-Snake0644's profile"Mister Moochagoo and I"PhotosBlogListsMore Tools Help

Blog


    Les rêves des vieux explorateurs - 17

     

    Monsieur Moochagoo ne dormait pas durant le trajet en voiture, selon son habitude. Il lisait "Pima Indian Legends" (1968), de Anna Moore Shaw, une indienne Pima. Les indiens Pima vivent en communauté à Gila River en Arizona.

    Il était fasciné par la légende du Labyrinthe, qui explique qu'une personne à sa naissance entre dans le labyrinthe de la vie, guidé par Se-eh-ha (le Grand Frère). Il y a des culs-de-sacs, des déviations et des obstacles. Si la personne a de la peine à comprendre où est son chemin à travers le labyrinthe, cela peut affecter son corps, ses sentiments et son évolution spirituelle.

    A chaque tournant du labyrinthe, il y a une occasion à saisir, de comprendre le cycle de la vie et de devenir plus fort pour atteindre son but propre. Si la personne arrive à voyager en harmonie avec elle-même et avec la nature, ses rêves et ses ambitions seront là, au centre du Labyrinthe, où E-e-thoi (le Dieu Soleil) l'attend. Ensuite, elle passera dans le Monde d'après.

    Moi j'aime bien les personnages légendaires comme le Coyote qui trompe son monde, et le Roadrunner (bip bip), à cause du dessin animé. Je regardais Monsieur Moochagoo et tentais une question : "Bérenger, un personnage de la pièce de Ionesco, "Rhinocéros", dit dans l'Acte I : Je suis fatigué, depuis des années fatigué. J'ai du mal à porter le poids de mon propre corps, puis peu après, il dit encore : ..Je ne me suis pas habitué à moi-même. Je ne sais pas si je suis moi. Dès que je bois un peu..je me reconnais, je deviens moi. Ce Monsieur Bérenger, est-il perdu dans son labyrinthe ?"

    Monsieur Moochagoo n'a pas levé les yeux mais a répondu sur un ton sarcastique: "Pour pouvoir juger si quelqu'un est perdu dans son labyrinthe, il faut déjà connaître le chemin de son propre labyrinthe".

    Aïe, belle rebufade. Madame Snake conduisait et était occupée à jurer contre "le veau" [La voiture Mercury Grand Marquis]. Elle voulait écouter pour la troisième fois de la journée "Mamma Mia", le CD du film. Il a fallut parlementer et on a écouté The Flying Cup Club de Beirut.

    Je revins à la charge : "N'empêche si le personnage de Ionesco ne sait pas s'il est lui, comment peut-il savoir si c'est son labyrinthe. Vous me direz s'il boit et se retrouve, il retrouve aussi son labyrinthe. D'accord, mais moi, quand je bois, c'est là où je ne sais plus si je suis moi. C'est bizarre ce labyrinthe des Moi qui se perdent et se retrouvent !"

    Là, j'ai eu un regard de Monsieur Moochagoo, qui en disait long. Je n'aime pas un regard qui en dit long, parce que la personne ne dit rien, et alors c'est long de supporter un tel regard. A la fin, il a quand même cité l'interlocuteur de Bérenger, dans "Rhinoceros" : "Elucubrations !"

    La dispute n'est pas allé plus loin, car nous étions sur un noeud (labyrinthique) d'autoroutes, au centre de Las Vegas - où nous ne faisions que passer - et la sortie de l'autoroute I-515, vers la I-15 était "fermée". Nous avons mis une demi-heure pour nous retrouver sur la I-15.

    Une journée culturelle.

    DSC_2008Man in the maze 

    Les rêves des vieux explorateurs - 16

     
    un compteur pour votre site 09-12
     
    DSC04933Chevy Impala "Flexfuel". On entend les bing, bing, bing du marteau.
     
    Il faisait 38°C, et le garagiste de "Jiffy Lube" était sous notre Chevy Impala, en train de taper avec un marteau sur une clef pour desserrer l'écrou-bouchon de vidange de l'huile du moteur. Il se sont mis à trois pour taper sur la clef. Au bout de 10 minutes, il n'y avait toujours aucun résultat.
     
    Depuis 24h, nous avions un message impératif sur le tableau de bord : changer l'huile du moteur. En général c'est assez simple et, soit on paye la note, environ 40$, et on se fait rembourser par la Sté de location, ou la note est imputée directement à l'entreprise de location par le garagiste.
     
    Mais, là, j'ai vu que nous allions redémarrer avec un écrou à moitié fichu et j'ai proposé d'arrêter tout, pour aller changer de voiture à l'aéroport de Tucson, tout proche.
     
    Pour nous consoler, "Jiffy Lube" a nettoyé nos vitres, refusant tout pourboire. Et nous avons changé de voiture. C'est là que nos ennuis ont commencé...avec Madame Snake. Nous avons hérité d'une Mercury Grand Marquis, assez luxueuse, mais vieillotte dans sa conception, car elle plaît surtout aux personnes âgées. Sinon, il y a longtemps qu'elle ne serait plus construite.
     
    DSC04938Le Veau
     
    Il faisait maintenant 40°C, et Madame Snake n'aimait pas les sièges en cuir (qui chauffent au soleil, c'est vrai), le levier de vitesses (automatiques) au volant, l'emplacement pour installer son mug de thé, l'absence d'emplacement pour mettre les CD, la moins bonne qualité des haut-parleurs. Enfin la voiture est un veau (= elle est plus lourde et plus longue), et consomme plus. C'est exact, mais un peu exagéré, la Chevy Impala consommait de 7 à 8,5l/100km, alors que la Grand Marquis consomme environ 8,79l (avec des nuances à vérifier en conduite de ville).
     
    Enfin Madame Snake se "cogne la tête, en sortant de la voiture", mais on ne sait pas pourquoi, car elle est la seule à se cogner. Monsieur Moochagoo reste circonspect sur la cause exacte de cet événement récurrent. J'étais aussi circonspect, mais je me suis fait traiter de noms d'oiseaux, alors je ne suis plus circonspect.
     
    A part cela nous avons enfin vu un squelette de Mammouth de Colombie..à l'Arizona Museum of Natural History de Mesa, à l'est de Phoenix. Jusqu'à maintenant, point de cimetière des éléphants. Monsieur Moochagaoo n'a pas l'air de tenir ses promesses du début du voyage.
     
    Une journée Grand Marquis !
     
    DSC04960Mammouth de Colombie

    Les rêves des vieux explorateurs - 15

     
    "Et la sueur coulait de leurs visages bruns." ("Soir de bataille", José Maria de Hérédia)
     
    Mon visage n'est pas particulièrement brun, mais la sueur coulait. Le thermomètre de la voiture indiquait 104°F (40°C), et mon cerveau commençait à faire sloutch ou slitch, ça dépendait du vent. Je ne pouvais pas ôter ma cravate, car je n'en porte jamais. Quand à arracher mes vêtement, il ne valait mieux pas, j'aurais été rôti instantanément.
     
    J'aurais bien aimé bien trouver le bouton de l'ascenseur pour descendre sous terre, mais il n'y a pas d'ascenseur dans le parc des "Organ Pipe Cactus" (superficie : 1300km²). C'est un parc à 200km de toute ville, près de la frontière mexicaine*.
     
    Là, c'est vraiment l'enfer du désert. Néanmoins si vous évoquez la chaleur excessive avec un ranger du parc, il vous répond : "Oh non, aujourd'hui il fait assez frais".
      
    "Vous n'avez pas l'air bien ?" Monsieur Moochagoo, sous son chapeau d'explorateur, était en pleine forme. Il ne souffre jamais de la chaleur et photographiait "un insecte inconnu", de 1mm de long qui grimpait le long d'un cactus de 10m de haut, lequel devait bien contenir ses 800 litres d'eau. Il n'avait pas vu un lézard venimeux (Gila Monster) qui l'observait à l'ombre. Madame Snake, qui ne sue jamais, pestait contre son appareil de photos digital, car elle ne voyait rien sur l'écran, en raison de l'extrême luminosité.
     
    "Non ça va". Mes paroles ont elles parcouru les ondes sonores ? Je ne sais pas, car à cet instant, il m'a semblé apercevoir la silhouette d'un Djinn féminin (djinniyeh), qui ondulait aux rythme de la danse des sept voiles**, mais elle a aussitôt disparu. (les djinns peuvent se rendre invisibles à volonté).
     
    Et puis je me suis rappelé que nous étions juste à côté des indiens Tohono O'Odham (Papagos), et que ceux-ci croient - entre autres - dans le Coyote des Légendes. Et comme le Coyote est un animal trompeur...
     
    Nous avons continué en voiture, de suivre un chemin de terre sinueux et parfois chaotique, durant 40km au milieu d'un paysage "spectaculaire". Nous n'avons rencontré personne durant le trajet.
     
    Belle journée !
     
    * Au retour, nous avons été contrôlés une troisième fois par un Border Patrol. Le douanier avait une idée un peu plus précise de ce que pouvait être un passeport français, et Madame Snake n'a pas eu à montrer son passeport.
     
    ** La "Danse des sept voiles", dans "Salomé", opéra en un acte de Richard Strauss.
     
    DSC_2047
     
     DSC_2085
     
     DSC_2081

    Les rêves des vieux explorateurs - 14

     
    Nous étions entourés de gardes de la sécurité militaire, nous avions chacun notre sourire de compétition. J'avais des gouttes de sueur discrètes. Dans certaines circonstances, vous avez remarqué, il faut mieux avoir des gouttes sueur discrètes et ne pas montrer trop de signes extérieurs d'inquiétude.
     
    Nous venions de partir du centre de la ville de Sierra Vista (Arizona). Nous suivions la route pour aller vers Nogales, et...nous sommes retrouvés subitement au point de contrôle de l'entrée de la Base Militaire de Huachuca, Centre National des Services Secrets de l'armée américaine*. GLARG (2 fois).
     
    On nous a fait ranger sur la droite. Un responsable est sorti avec un carnet à pinces, le genre sergent chef dans les films d'action. Je suis arrivé à desserrer les dents et à parler (comme Louis de Funes quand il est pris sur le fait) : "Euh, nlous, pous avons flait erreur, route Nogalès pas ici c'est slûr, sommes, euh, oui, français, et, euh, devons repartir dans l'autre sens". Le sergent chef a tout de suite compris mon anglais effroyable, et nous a fait tourner en bloquant les deux sens.
     
    Ouf, nous n'avons pas été obligé de laisser Madame Snake au niveau -27 d'un bunker, pour un petit : "Expliquez-nous tout ça à nouveau depuis le début, ce n'est pas clair". Monsieur Moochagoo était d'accord avec moi, nous séparer de Madame Snake eut été ennuyeux, elle s'occupe très bien de la glacière et des boissons fraîches.
     
    Plus tard, juste après Nogales, à la frontière du Mexique, en remontant sur Tucson par l'autoroute 19, et encore après la Mission de Tumacacori, toutes les voitures et les camions ont été arrêtés par les Patrouilles de la Frontière (Border Patrol). Dès que nous avons dit que nous étions français, on nous a fait ranger à droite. L'examen soupçonneux des passeports, et particulier de la photo du passeport de Madame Snake, a duré de très longues minutes. On nous a laissé repartir, avec, je l'ai senti, comme une pointe de regret.
     
    Ouf, nous n'avons pas été obligé de laisser Madame Snake avec des immigrés mexicains, pour un petit : "Alors comme ça vous ne venez pas du Mexique, expliquez-nous tout ça à nouveau depuis le début, ce n'est pas clair". Monsieur Moochagoo était d'accord avec moi, nous séparer de Madame Snake eut été ennuyeux, elle trouve très rapidement la Guest Laundry (le coin machines à laver le linge), dans les hôtels.
     
    Belle journée.
     
    * Services différents des FBI, CIA et NSA.
     
    men_in_black_ii_2001_referenceFilm "Men in Black" (Tommy Lee Jones)
     
     
     

    Les rêves des vieux explorateurs - 13

     
    Nous étions en train de déjeuner dans le restaurant de l'hôtel Gadsden, construit en 1907, plein d'ors et de marbre, ambiance garantie.
     
    Monsieur Moochagoo racontait qu'il avait été fasciné par un avertissement trouvé dans un parc naturel : "Respectez le droit à la vie privée des serpents crotales" (Respect the rattlesnake right to privacy). Moi j'aime bien les serpents crotales. Enfant, j'aurais bien voulu en avoir un comme compagnon de jeux. Mais, allez savoir pourquoi, j'en avais été privé.
     
    Tante Germaine m'avait consolé : " Tous les Crotalinés ne portent pas de sonnette, et il n'est pas souhaitable de distraire ce pauvre Sistrurus catenatus tergeminus de son habitat naturel".
     
    Madame Snake soignait son orteil "qui avait bouilli", du fait de la forte chaleur (38°C) à l'extérieur. Nous sommes revenus sur la visite de Chloride, Ghost Town, visitée deux jours auparavant au Nouveau Mexique. Le village était en effet désert quand nous nous sommes arrêtés. Les maisons construites au siècle dernier étaient en ruine, ou murées. Mais soudain, une dame assez âgée a surgi réellement de nulle part. Elle conduisait une de ces voitures électriques utilisée dans les golfs, et de couleur rose.
     
    Elle avait les yeux bleu dans le style poupée de porcelaine, et nous a ouvert le musée. J'ai dit : "Nous sommes dans la Quatrième Dimension ; nous n'avons pas été enlevé à Roswell par les Extraterrestres, mais là, nous sommes faits". Monsieur Moochagoo, bien que fan de cette série de télévision, s'est moqué de moi, et a ajouté "Forse tu non pensavi ch'io löico fossi" (Peut-être ne pensais-tu pas que je suis logicien) [Dante, "Enfer", chant XXVII)].
     
    Lorque nous sommes sortis du restaurant, la chaleur était toujours là. Un costaud latinos au visage de "dur à cuir", promenait un chihuahua. Nous avons emmené Madame Snake au Magasin "Melrose", où il y avait un grand choix de vêtements, puis au Super Mercado ou le prix des Tshirts commençait à 1,99$. Elle n'a rien trouvé.
     
    Belle journée ! 
     
    DSC_1917Restaurant du Gadsden (60$, ou 41€, pour 3)
     
    DSC04874On aperçoit Madame Snake, échouée sur un canapé, peu sensible aux ors et au marbre.
     
     
     

    Les rêves des vieux explorateurs - 12

     
    un compteur pour votre site 09-12
     
    "J'espère que nous n'allons pas être enlevés par des Aliens, comme ce couple enlevé pendant deux heures, en 1961, dans le Massachusset, ." En visitant le International UFO Museum, on finit par croire que les Aliens sont partout. Je me sentais entouré d'événements secrets, terriblement secrets. 
     
    Monsieur Moochagoo prenait frénétiquement des notes, alors que Madame Snake était extrêmement déçue de ne pas voir au moins un VRAI alien. Il y avait bien, dans une vitrine du Musée, un alien fort mal en point après l'atterrissage forcé du 4 juillet 1947, mais une notice explicative spécifiait que ce n'est pas l'original.
     
    DSC04796
     
    On ne sait si c'est le choc de la soucoupe volante avec le sol, ou l'air ambiant et nos petits microbes, qui ne lui convenaient pas, mais il semble que le malheureux n'ait pas survécu. Si loin de chez lui, quelle tristesse !
     
    "Si on meurt loin de chez soi, un jour ou l'autre on finit par le regretter", m'avait dit Tante Germaine, lors d'un voyage où elle avait cru périr en marchant sur la tête d'un serpent crotale. En y regardant de plus près, seul le serpent était mort. J'avais trouvé que sa phrase manquait un peu de logique, mais je m'étais gardé de lui en faire la remarque.
     
    Monsieur Moochagoo avait annoncé qu'il allait concevoir un Système à Vérifier les Phénomènes UFO (SVP-UFO). Le système permettra accessoirement de savoir si certains être humains sont en réalité des aliens, qui auraient pris notre apparence. Quelle inquiétude ! J'espère que Monsieur Moochagoo ne me "vérifiera" pas, au cas où je serais un alien sans le savoir. Je n'aimerais pas ne pas être ce que je crois que je suis depuis belle lurette (et même avant).
     
    Je pense que Monsieur Moochagoo, en revanche...
     
    Belle journée !
     
    alien_patrick richardAlien, interprétation de l'artiste Patrick Richard

    Les rêves des vieux explorateurs - 11

     
    Au retour d'une ballade, par forte chaleur, Madame Snake avait failli avoir les fesses frites en s'asseyant sur un banc. Elle n'avait pas vu l'inscription qui prévenait du danger : "Attention : extrême chaleur. Soyez prudents, ce banc devient très chaud quand le soleil tombe dessus directement !"
     
    Tante Germaine m'avait dit une fois : "Les fesses c'est un problème de fondement. C'est comme pour la vie, on essaye tous de lui trouver un fondement." Fortes paroles ! Je ne sais pas ce qu'elle aurait ajouté à propos de fesses frites.
     
    Comment sont les fesses des motards que nous avons croisé par centaines dans le sud du Nouveau Mexique, et qui allaient à un "convention" à Ruidoso? Une dame m'avait partculièrement impressionné, grande et mince, tout en cuir avec un bandana, l'air plutôt sévère sur son Harley. Elle nous a accompagné sur 40 miles, la vitesse étant limitée à 55 miles/h.
     
    Nous avions parcouru 90 miles en ligne droite, sans aucun panneau publicitaire, ni aucune indication d'aucune sorte. Le seul événement vraiment marquant avait été la vue de quatre voitures de sheriffs, toutes lumières allumées, encadrant à l'arrêt, une voiture et un camion de transport de paille. Madame Snake râlait, car, d'habitude, les panneaux publicitaires l'occupent.
     
    Monsieur Moochagoo lui s'occupait à "équarquiller ses souvenirs", une opération qui lui coûtait beaucoup d'énérgie. Moi je cherchais plutôt à équarquiller mes yeux, pour ne pas m'endormir.
     
    Belle journée ! 
     
    DSC_1822
     
     
     
     

    Les rêves des vieux explorateurs - 10

     
    J'étais en train de lire une inscription sur la roche, qui datait de l'époque espagnole. Adelantado Don Juan de Onate avait écrit cette phrase d'une importance capitale :  "Pasamos por aqui" (Nous sommes passés par ici), le 16 avril 1605. Nous aussi nous étions là, mais il était interdit formellement par la loi de laisser une inscription auprès de celle d'Adelantado. Seul Adelantado est promis à une certaine célébrité historique, bien qu'on ne connaisse rien de lui.
     
    En plein pays Navajo, au sud de Gallup, il existe une immense paroi rocheuse (mesa), appelée El Morro, visible de fort loin, où on a retrouvé des pétroglyphes des anciens habitants (vers 1200), des inscriptions espagnoles (1539-1774), des inscriptions américaines militaires ou civiles (1846-1906).
     
    Monsieur Moochagoo avait étudié des vieux papiers de famille et pensait qu'il avait un ancêtre espagnol au XVIIème siècle. L'inscription d'un certain JF Antonio Camargo Custodio y Suer Eclesiastico serait celle de son ancêtre direct. Je ne connaissais pas les indices en sa possession en France, mais j'avais des doutes. Je lui fis remarquer qu'un ecclésiastique théoriquement n'a pas de descendant. Il m'a répondu laconiquement : "L'esprit est fort, mais la chair est faible". Madame Snake qui ne donne pas dans la religion a eu un commentaire acide sur les ecclésiastiques et le Pape en particulier.
     
    Dieu merci, l'arrivée inopinée d'un homme, sur le sentier des inscriptions, genre Priscilla la folle du désert, habillé d'une jupe violette, de grande boucles d'oreilles de style indien, d'une queue de cheval et d'un bandeau très coloré, a mis fin à toute discussion. Il nous a dit : "Bonjour, comment allez-vous aujourd'hui ?", avec un grand sourire. Cette rencontre m'a laissé songeur. Je me demandais si le Pape, bien que lui-même habillé d'une robe, aurait cautionné ce genre de comportement.
     
    Puis nous sommes montés sur la mesa pour admirer les restes des habitations indiennes. La vue était extraordinaire.
     
    Belle journée !
     
    DSC_1756DSC_1758
     
    DSC_1818
     
     
     
     

    Les rêves des vieux explorateurs - 9

     
    Un morceau de météorite composé de fer et de nickel, de 30m de large, détaché d'une astéroïde, et pesant plusieurs milliers de tonnes, fonce vers la terre à 28000 Km/h. Sa trace dans l'atmosphère est particulièrement brillante, mais la course ne dure que quelques secondes.
     
    La rencontre du météorite avec la terre provoque une explosion équivalente à 20 millions de tonnes de TNT. L'impact crée une onde de choc qui exerce un pression de 5 millions de tonnes au cm². Tout ce qui est à la surface du sol est instantanément vaporisé sur une dizaine de km.
     
    Un cratère de 200m de profondeur et de 1200m de diamètre se forme et le contenu de ce cratère, soit 175 millions de tonnes de sable et de roches, est éjecté sur plusieurs km. La météorite se fragmente en petits morceaux de fer-nickel.
     
    "Même les bactéries ont dû mourir". Monsieur Moochagoo est sur les bords de Meteor Crater (Arizona), il est pensif. "Il y a 50000 ans, quand ce météorite a percuté la terre, s'il y avait eu là des hommes de Néandertal ou des homo sapiens, ils auraient disparu".
     
    Madame Snake n'apprécie pas l'astronomie et, quand elle était petite, tirait la langue à la lune, parce que celle-ci la regardait. Après le spectacle du cratère, elle se replie sur la boutique car "elle n'a pas tout vu".
     
    "Cette sorte d'événement peut se produire tous les 50000 ans", nous dit sur un panneau explicatif, le Docteur Eugene Shoemaker, ancien Astrogéologue à Flagstaff.
     
    Glarg. Cela peut donc arriver à partir de maintenant. Quelle angoisse ! Non seulement le système financier dans son ensemble est en péril, la bourse est au plus bas, les gisements de pétrole seront épuisés en 2050, les pôles fondent, le pauvre Monsieur Kim Il Jung est très malade, mais on risque d'être vaporisés par le ciel qui nous tombera sur la tête.
     
    C'est terrible !
     
    DSC_1538DSC_1550DSC_1552
     
    kim Kcna-AFPKim Il Jung (Kcna-AFP)
     
     
     

    Les rêves des vieux explorateurs - 8

     
    Ils étaient les yeux dans les yeux, sous une chaleur de 40°C, j'étais impressionné ! Nous étions près du Lac Powell (Arizona), dans un centre de recherche de paléontologie et Monsieur Moochagoo était face à face avec un géant barbu, comme Henry Fonda et Charles Bronson, dans "Il était une fois dans l'Ouest". Il ne manquait plus qu'un air d'harmonica.
     
    Tous les deux avaient le regard dur. J'étais resté derrière Monsieur Moochagoo, le chapeau enfoncé sur mes lunettes de soleil. La sueur coulait dans mon dos, le soleil effaçait tout, je distinguais de moins en moins ce qui m'entourait.

    D'un seul coup Monsieur Moochagoo et le géant barbu poussèrent des cris, se mirent à danser une danse indienne en faisant wooooo, woooo, woooo, se tapèrent sur la paume de la main et tombèrent dans les bras l'un de l'autre. J'étais rassuré, juste avant d'être liquéfié. "Mourir rassuré donne une certaine sérénité, même si cela n'empêche pas de mourir", me dit toujours Tante Germaine.

    Monsieur Moochagoo était déçu et surpris. Non, il n'y avait pas de cimetière d'éléphants, du genre Mammuthus meridionalis, dans la région. En revanche nous avons vu des os d'Hadrosaurids de 45 millions d'années.

    Le géant barbu qui avait fait un stage de paléontologie avec Monsieur Moochagoo était formel. En fait les animaux vivant il y deux millions d'années ne l'intéressaient pas du tout. En revanche à cet endroit, il y a 94 millions d'années, il y avait de l'Arctique au Golf du Mexique, une énorme mer intérieure peuplée de reptiles et de requins géants, et de bien d'autres espèces marines.

    Nous étions dans la salle des squelettes et j'avais repris mes esprits. Madame Snake peu sensible aux os anciens, écrivait des cartes postales en cherchant désespérement quelques phrases originales.

    Je consolais Monsieur Moochagoo et lui dis d'attendre que nous soyons à Roswell* (Nouveau Mexique), nous aurions peut-être des surprises..

    Chaude journée !

    * Le 7 juillet 1947, un vaisseau alien se serait écrasé près de Roswell, et le gouvernement américain aurait caché la vérité. C'est un thème largement illustré dans une série comme Xfiles. Monsieur Moochagoo serait tenté d'y croire, alors que je suis sceptique. 

    DSC04675DSC04676Hadrosaurid

    DSC04673Sympathique Hagryphus giganteus  

    Les rêves des vieux explorateurs - 7

     
    Nous avancions depuis deux heures dans le lit de la Taylor Creek à Kolob Canyon, à une altitude de 1500m. Il faisait 28°C. Madame Snake avait du mal à trouver son souffle et se battait à nouveau avec des mouches qui nous aimaient à la folie. Par grandes chaleurs, l'amour des mouches pour les humains est un fait qui ne sera jamais assez souligné. J'écrase une larme en écrivant ces mots ; c'est mon côté fleur bleue.
     
    Une multitudes de petits lézards s'enfuyaient à notre approche. Quelques écureuils de bonne taille nous observaient dans l'ombre des parois rocheuses. Monsieur était très inquiet, car à l'entrée du chemin de randonnée un panneau demandait de faire attention aux cougars et aux serpents à sonnettes.
     
    Je lui expliquais que la population des cougars est assez faible et que les attaques sont rarissimes. Avec le bruit de nos conversations, aucun cougar ne serait surpris, à moins d'être sourd. Aucun cougar sourd n'ayant été à ce jour observé, je reste donc optimiste.
     
    Madame Snake arrêtée à l'ombre récupérait son coeur. La récupération d'un coeur est une chose importante qui ne doit pas être négligée, sous peine d'y laisser son âme. Tante Germaine m'a toujours dit : "Quand il n'y a plus d'âme et de coeur, où va-t-on ? C'est l'aventure !"
     
    Nous sommes arrivés au point terminal du chemin, dans un décor sublime.
     
    DSC04607
     
    Le pique-nique se fit dans le lit de la rivière, à sec à cet endroit, entre des parois rocheuses et des enfractuosités de 500m de hauteur. Il y avait un fort courant d'air frais et nous avons mangé nos wraps, arrosés de jus d'orange et, à la fin, d'un café tellement léger que j'eu un doute sur la présence de particules de café.
     
    Je me demandais, parlant à Monsieur Moochagoo, quelle sera la durée de vie du souvenir de cette journée. Et si ce souvenir venait à s'effacer, me souviendrais-je de la fin de ce souvenir ? Quelle angoisse !
     
    "Vous voulez ouvrir une usine de souvenirs ?" me lança, sarcastique, Monsieur Moochagoo.
     
    Je me demande si je ne vais pas ramener un petit serpent à sonnette..
     
    Chaude journée !

    Les rêves des vieux explorateurs - 6

     
    un compteur pour votre site 09-12
     
    Tous les jours nous croisons de longs, très longs camions, qui transportent des pales d'éoliennes. La pale d'éolienne se transporte beaucoup dans ces régions.
     
    Nous venions de voir un panneau d'autoroute sur lequel était indiqué : "Attention, migration de dains". J'imagine la rencontre entre un troupeau de dains et un camion d'éoliennes...
     
    Madame Snake se battait avec une mouche, transportée gracieusement depuis le dernier arrêt. Attraper une mouche dans une voiture est quasiment impossible, à moins de garder la bouche ouverte, auquel cas elle y entre immanquablement. "Sans une pointe de moutarde, une mouche n'a pas de goût", me confirme Monsieur Moochagoo.
     
    Madame Snake, qui avait nettoyé le pare-brise, en a conclu que : "Y doivent mettre du produit dans l'eau, qui attire les mouches".
     
    Au milieu de nulle part, au Café Mollie's - un reliquat des années 50 - Monsieur Moochagoo commentait un ouvrage de Ben Goode où on conseillait d'étrangler les gens stupides qui vous gâchent la vie. L'auteur donnait quelques raisons qui peuvent pousser à un tel crime : par exemple, étrangler les gens stupides empêche qu'ils se reproduisent, économise les balles qui coûtent chères, abaisse la tension et permet de dormir plus tranquille, sachant que le monde sera moins agaçant.
     
    Monsieur Moochagoo m'a regardé d'un drôle d'air et je me suis rapproché de Madame Snake qui mangeait ses sandwiches au thon. Elle m'a demandé pourquoi subitement je me collais à elle.
     
    Nous repartîmes sur l'autoroute. Les nuages de poussières soulevés par les machines agricoles diminuaient la visibilité.
     
    Belle journée !
     
    DSC04583 DSC04584 

    Les rêves des vieux explorateurs - 5

     
    Nous avions vu défiler dans l'hôtel une bonne dizaine de grands baraqués, plutôt minces, en chapeau de feutre blanc, jeans et bottes adaptées. Il avaient tous un lassot et nous regardaient avec un petit air du style : "Tiens, les crétins de la ville !"
     
    Il faut dire que Monsieur Moochagoo avait sa tenue "explorateur", tendance Indiana Jones. J'étais assez semblable aux gens du coin, moins le chapeau et les bottes. Mais j'étais en baskets, ce qui avait suffit, d'un seul coup d'oeil, à m'exclure des gens de l'ouest sauvage. Madame Snake était en Madame Snake, un point c'est tout.
     
    "Vous ne trouvez pas que la tenue d'explorateur est un peu déplacée dans ces contrées ?". Monsieur Moochagoo lisait un article sur les éléphants qui sont les seuls animaux, avec les dauphins et quelques primates, à pouvoir se reconnaître dans un miroir.
     
    Je lui demandais in petto, si les éléphants femelles qui avaient accès à un miroir, pensaient à s'arranger un peu, pour paraître plus attractives. Il préféra me répondre sur sa tenue, qu'il allait en effet changer.
     
    Après être allés voir "Mamma Mia" - Madame Snake avait beaucoup insisté - et c'est un film réussi, nous sommes passés chez Burlington. Ce magasin est tellement grand qu'il faudrait prévoir de le parcourir en rollers. Comme je ne sais même pas tenir en équilibre debout sur des rollers, j'en ai écarté l'idée.
     
    Monsieur Moochagoo a trouvé un bermuda vert pomme, des chaussettes bleues avec des motifs "cerises/ananas", une casquette "South Pole" à rayures colorées, et un teeshirt rouge avec des croix noires, car il m'a vu lire "Le dernier templier" de R. Khoury. Il aime bien les templiers et le dernier Maître de l'Ordre, Jacques de Molay, en particulier (qui a mal fini, comme chacun sait).
     
    J'ai peur qu'il n'ait pas bien saisi le sens de mes remarques sur son habillement.
     
    Demain nous allons dans l'Etat d'une secte religieuse fort connue, où il est hors de question de pouvoir acheter de la Poire Williams. Heureusement nous sommes pourvus. Même Madame Snake a pensé à me faire acheter du champagne pour son anniversaire qui tombe le 14 septembre. Elle dit qu'elle est extrêmement vieille, et Monsieur Moochagoo déploie beaucoup d'efforts pour changer son point de vue sur la question.
     
    Belle journée !
     
     
    DSC04548DSC04549DSC04551

    Les rêves des vieux explorateurs - 4

     
    C'est fascinant d'observer la migration des oies (Chen Caerulescens Caerulescens), au dessus d'une grande ville. Elles volaient en formation, à 50m de hauteur, le plus souvent en "V", en échangeant des petits cris et foncaient vers le sud.
     
    Madame Snake a regardé une des oies qui semblait remonter vers le nord. Monsieur Moochagoo a discrètement fait remarquer que le volatile à contre-sens était une mouette.
     
    Il a fallu se décider à ne plus les regarder, car il y en a six millions qui volent de l'Arctique jusqu'au Golfe du Mexique (6400km).
     
    Monsieur Moochagoo chantait : "Goosey Goosey Gander, Whither shall I wander? Upstairs and downstairs, And in my Lady's chamber. There I met an old man, Who wouldn't say his prayers, So I took him by his left leg, And threw him down the stairs".
     
    Nous avons ensuite déjeuné dans un Winger's grill and bar. Monsieur Moochagoo et moi mangions (salement), des ribs - ou grillades de porc - et Madame Snake, un wrap (tortilla de blé). Pendant ce voyage, Monsieur Moochagoo voulait écrire un roman, "une histoire de meurtre avec un peu de surnaturel romantique, ou une histoire de maison hantée avec des meurtres sordides !"
     
    Je demandais : "Vous voulez écrire pour la collection Arlequin ? Je suis certain qu'ils seraient intéressés. A ce propos, je me souviens que les romans de cette collection provoquaient chez une de mes collègues de travail, une sorte de rire nerveux, avec des spasmes dans les pieds et des fourmis dans les dents."
     
    Monsieur Moochagoo se demanda si je me moquais de lui, mais la pilule passa grâce aux fourmis dans les dents. Il reconnu que : "Lernzeit aber ist immer eine lange, abgeschlossene Zeit..(Rilke) [Mais le temps de l’apprentissage est toujours une longue période, une durée à part..]
     
    Madame Snake qui n'aime que les romans policiers, et en particulier les Ed McBain, promit de le lire. Je ne sais pas si Monsieur Moochagoo attendait que je dise quelque chose, mais, prudent, je restais coi.
     
    Belle journée !
     
    oies sauvages

    Les rêves des vieux explorateurs - 3

     
    Nous étions sur l'autoroute, et Madame Snake conduisait en ronchonnant. Elle nous a expliqué que, lorsqu'elle conduit, elle a le peton droit fragile, car "c'est celui qui travaille". Il ne faut donc pas mettre la climatisation à fond, car son peton réfrigéré a des capacités diminuées.
     
    Nous venions de dépasser un motard sur une Harley Davidson. Sa moto était décorée avec une toile d'araignée métallique, sur le côté gauche de la roue arrière. Etrange spectacle !
     
    Monsieur Moochagoo chantonnait : "A l'intérieur d'une citrouille, y'avait un papillon volant, fort amoureux d'une grenouille qui se plaignait d'un mal de dents, oh là là que j'ai mal aux dents, oh la coquine, la coquine, la coquine, oh là là que j'ai mal aux dents, oh la coquine de dent". Il n'avait pas mal aux dents, mais avait chanté cette chanson au cours d'un atelier sur le brossage des dents dans une classe enfantine. "Ce fut pour moi une expérience bien intéressante" ; c'est tout ce que j'avais pu avoir comme explication.
     
    Il y avait eu trois accidents et nous étions bloqués sur l'autoroute. Il faisait plus de 30°C, et le mieux était de se mettre au niveau d'un camion pour se retrouver à l'ombre. L'exercice est difficile, car les files sont rarement synchrones, mais nous y sommes arrivés deux ou trois fois.
     
    Un dame imposante conduisait une voiture décapotable des années 1970. Sur son épaule (façon catcheuse), on pouvait voir un tatouage en forme de coeur où était gravé : "Reine des garces". Elle vit que je la regardais et me lança un regard peu amène du style : "Je vais te dévisser la tête, vite fait". Heureusement un camion Peterbilt de dix-huit roues nous a séparé. Sa remorque était remplie d'oignons. Un odeur de thiosulfinate se répandit dans l'atmosphère.
     
    La ciculation redevint fluide et le paysage s'enrichit d'une centaine d'éoliennes géantes. Monsieur Moochagoo cita Sancho dans "Don Quixote" : "¿No le dije yo a vuestra merced que mirase bien lo que hacía, que no eran sino molinos de viento, y no lo podía ignorar sino quien llevase otros tales en la cabeza?" (Ne vous ai-je pas bien dit de bien regarder ce que vous faisiez, que ce n'étaient point des moulins à vent, et que personne ne le pouvait ignorer, sinon quelqu'un qui en eût de semblables en la tête ?)
     
    Une journée bien ordinaire.
     
    don quichotte2
     
     

    Les rêves des vieux explorateurs - 2

     
    "Vous mangez ces bonbons colorés plein de produits indéterminés ?"
     
    Monsieur Moochagoo regardait à la télévision un documentaire sur l'éléphant méridional ou Mammuthus meridionalis, qui vivait en Amérique du Nord il y a deux millions d'années, et mangeait ces bonbons de toutes les couleurs, que personnellement je trouve infects.
     
    J'avais les yeux en billes de loto car nous étions levés à 6h du matin pour prendre l'avion, et nous nous étions couchés 24h plus tard exactement. Dans le miroir de la salle de bains je ressemblais - dans le meilleur des cas - à un monstre galactique. Tout le monde connaît les monstres galactiques, grâce au cinéma. Mais je n'ai pas encore dévoré de blondes qui courent en hurlant. Cette précision est importante pour les âmes sensibles.
     
    "Je ne ressemble pas du tout à ce Docteur House, mais alors vraiment pas du tout. Je ne comprends pas votre comparaison."
     
    Monsieur Moochagoo, avant le documentaire sur l'éléphant méridional, avait regardé un épisode du "Docteur House", où celui-ci luttait contre des bactéries géantes et maltraitait ses assistants avec autant d'acharnement que les bactéries maltraitaient le patient. A ce propos, le patient finissait par devenir une sorte de steak sanguinolent. Madame Snake apprécie beaucoup ce genre de série "gore", moi pas du tout.
     
    En me faisant ce reproche, Monsieur Moochagoo avait son air "Docteur House". J'étais coincé. Je m'en sortis en lui proposant de goûter à la Poire Williams distillée par la "Clear Creek Distillery". Elle est fort bonne et je fus sauvé.
     
    mammothMammuthus meridionalis
     
    lapin-cretinMonstre galactique (auteur inconnu)
     
     
     
     

    Les rêves des vieux explorateurs - 1

     

    "Voilà qui va nous remettre de nos émotions". Monsieur Moochagoo servait le thé ; il avait enfin terminé sa valise. Il s'était acharné et avait juré plusieurs fois en la fermant. Sa tenue d'explorateur était prête, car il se préparait à subir "les incongruités de certaines mœurs locales".

    Je me demande si, dans les méandres de l'esprit de Monsieur Moochagoo, il n'y a pas une certaine forme d'humour soigneusement cachée. Eh bien, je ne saurais y répondre.

    Nous partons demain à l'aube pour rechercher le légendaire cimetière des éléphants, où vont mourir les rêves des vieux explorateurs.

    "Je ne suis pas le seul à me souvenir de cet endroit très particulier. Je m’étais toujours demandé ce qu’il avait bien pu devenir. C'est un endroit totalement perdu. Lorsque nous y serons, j'ai impression que je vais faire un lifting de ma mémoire."

    Il était en grande forme. Moi, ce futur voyage me fait l'effet de casiers empilés. Je conserve de lourdes séquelles du voyages précédent, dûes à la consommation intensive de homards à la mayonnaise, arrosés de bourbon. Mon foie va-t-il supporter les aléas d'une nourriture exotique ?

    "J'ai relu les notes d'explorateurs célèbres : Nachtigal, Galliéni, Stanley, De Brazza, Samuel Baker et Georges Révoil. J'ai lu aussi The Rime of the ancient Mariner de Samuel Taylor Coleridge."  

    J'espère qu'il n'emmène pas toutes les notes. Je me demande si nous n'aurions pas dû choisir Virton dans la Gaume, en Belgique..

      moebius_MajorFatal2