個人檔案"Mister Moochagoo and I"相片部落格清單更多 工具 說明

部落格


Mots emballés

Monsieur Moochagoo : Je suis en train d'écrire une nouvelle. Je fais très attention au choix de mes mots. Je les emballe soigneusement en pensée avant de les coucher sur le papier.

Moi : Je serais curieux de voir ces mots emballés les uns à côté des autres.

Monsieur Moochagoo : Je vois que vous faites preuve d'une remarquable finesse d'esprit, lorsque vous vous gaussez de quelqu'un.

Moi : Vous comptez écrire dans un style néoclassique proche d'Anatole France, ou mieux de Paul Bourget, deux écrivains que vous semblez priser, lorsque vous vous laissez distraire de vos ouvrages savants ?

Monsieur Moochagoo : Vous avez de la chance, je suis de bonne humeur. Soyons clair, cette nouvelle ne va pas révolutionner la littérature.

Moi : Vous abandonnez vos recherches actuelles sur le signifiant/signifié, les paradigmes métonymiques et toutes sortes de tropes étranges ?

Monsieur Moochagoo : Pour en revenir à ma nouvelle, j'affiche en quelque sorte les mots à la porte de mon cerveau, puis les emballe afin d'avoir un "plaisir prorogé"*, en écrivant mes phrases. C'est essentiel, vous comprenez ? Ne méprisez pas l'usage des tropes. Ils permettent d'expliciter les différents sens dans lesquels on peut prendre un mot dans une même langue.

J'avais l'impression d'avoir mes neurones emballées. "Les cerveaux actuels ne valent plus ceux d'autrefois", me dit toujours Tante Germaine. Je partis et le laissais à ses travaux d'écritures.

Belle journée !

* Proust : "Venise ne s'en est pas moins inscrite en moi et je goûte encore, à me souvenir d'elle, un plaisir prorogé." (Lettre à Gide).

Trope féminin


L'aventurière de la mer des Sargasses

 
Monsieur Moochagoo ne lisait plus en marchant, il écrivait sur un petit carnet. La forêt de Fontainebleau, même sous le soleil, ne l'intéressait pas. J'osais un : "Vous écrivez vos mémoires ?".
 
"Non, je ne cèderais jamais aux mémoires nombrilistes tant prisées par nos contemporains, j'écris un roman d'aventure : L'aventurière de la mer des Sargasses. Cela se passe au début du XIXème siècle, entre 1800 et 1810".
 
Tous les ouvrages du même genre que j'avais lu dans mon adolescence étaient d'une ineptie flagrante. Les personnages étaient en général fades,  inintéressants, et on prévoyait le déroulement l'intrigue longtemps à l'avance. Encore une tentative qui allait tomber à l'eau.
 
"Je vais vous lire le début", m'annonça-t-il : Le pirate était assis sur un mur, avec une femme à la chevelure rousse, coiffée d'un chapeau vert, vêtue d'une cape rouge, d'un chemisier blanc et et de bottes noires. Elle tenait un pistolet et regardait ostensiblement une montre gousset.
 
Bon, c'est un début, pensais-je.
 
A leurs pieds gisait William Benjamin Rahmah bin Jabir al-Jalahimah, mort de blessures par balles infligées par un lapin.
 
"Vous plaisantez, dis-je, comment voulez-vous avoir des lecteurs avec ce genre d'idées ?"
 
"Tempora mutantur, et nos mutatur in illis, les temps changent et nous changons avec eux, il faut surprendre le lecteur", me répondit-il, "vous ne voudriez pas que j'écrive mort de blessures par balles infligées par un dodo, alors que les derniers dodos ont été aperçus vers 1670. Ce serait anachronique."
 
Nous nous étions arrêtés pour le pique-nique. Monsieur Moochagoo avait amené un petit réchaud à gaz et faisait une omelette. Cuisinier était l'un des nombreux métiers qu'il avait exercé dans sa vie. Mais il était surtout fier d'avoir été joueur de cornemuse écossaise, en kilt, dans un pipe-band. Nous buvions un rosé frais et j'avais de gros doutes sur l'avenir littéraire de L'aventurière de la mer des Sargasses.
 
"Je continue mon roman", dit-il : Le pirate se mit à parler à la femme rousse : "William Benjamin Rahmah bin Jabir al-Jalahimah est mort en tentant de cacher une carte dont il n'existe qu'un seul exemplaire. Cette carte nous indique où se trouve le trésor des lapins pirates...."
 
Si par hasard, le monde recommençait à nouveau de zéro, je me demandais si Monsieur Moochagoo aurait une chance d'apparaître une seconde fois..
 
pirate clyde caldwellbisIllustrations de Clyde Caldwell
 
pirate clyde cadwell2

Ténèbres

 
"Ses propres ténèbres étaient impénétrables. Je le regardais comme on regarde un homme gisant au fond d’un précipice où le soleil ne pénètre jamais."
 
"Au cœur des ténèbres"Joseph Conrad  

L'Astrée un roman pour jeunes filles ?

 
L'Astrée est née au XVIIème siècle. Ce roman d'Honoré d'Urfé paru de 1607 à 1627. Assez monstrueux par sa taille, l'Astrée eu un succès considérable en Europe (au moins pour ceux qui savaient lire).
 
L'Astrée a eu une réputation de roman pour jeunes filles.
 
Voici comment commencent les amours d'Astrée et de Céladon :
 
Céladon, âgé de quatorze ans, déguisé en bergère, participe à une cérémonie - réservée exclusivement au sexe féminin - de druidesses "nues hormis un faible linge qui les couvre de la ceinture jusqu'au genoux".
 
Les trois jeunes druidesses tiennent les rôles de Vénus (c'est Astrée, âgée de treize ans), Minerve et Junon. Céladon, incognito sous son déguisement de bergère, joue le rôle de Paris qui doit offrir une pomme à la plus belle (on se souvient que Paris devait juger qui était la plus belle des trois déesses Junon, Minerve et Vénus. Elles se crêpaient le chignon dans le style "c'est moi la plus belle". Vénus fut choisie, ce qui déclencha la guerre de Troie).
 
Bref Astrée-Vénus se dépouille de ses vêtements, sans savoir que Céladon est un garçon. Céladon finit par révéler qui il est, et son amour pour Astrée. Il sera autorisé à donner la pomme, avec un baiser. Astrée dira plus tard : "Mais je vous assure que, quand jusques alors je ne l'eusse point reconnu, j'eusse bien découvert que c'était un berger, car ce n'était point là un baiser de fille".
 
Ouh là, ouh là, travestissement, nudité, baisers de fille qui n'en est pas une, est-ce là un roman pour jeunes filles ?
 
(source : Gérard Génette, "Figures I", Wikipedia, L'Iliade)

Un livre à lire II, le retour

 
Comme le père de Manon avait un petit côté désagréable et assez arrogant, j'en ai profité pour faire de l'humour sur son dos.
 
Mais en fait, il y avait une raison bien précise...
 
Pourquoi le père de Manon a-t-il dit  : "Tu ne veux pas un livre à lire, Manon ?" (au milieu d'une grande librairie, où ils semblaient être depuis un certain temps).
 
Monsieur Moochagoo pense que Manon était en train de lire les "Ecrits" de Lacan, et que cet ouvrage est suffisamment indigeste, pour qu'elle ait été obligée de le mastiquer.
 
 
 

Un livre à lire

 
"Tu ne veux pas un livre à lire, Manon ?" (phrase prononcée par un père de famille - genre aisé, blasé - et entendue dans une grande librairie). 
Je n'aurais jamais imaginé qu'on puisse acheter des livres pour les lire, c'est dingue...
 
Cela me fait penser à un dialogue que j'ai eu aujourd'hui, pendant l'heure du déjeuner, avec une personne de la famille (très âgée, je précise) :
 
Elle : "L'autre jour, j'étais chez untel, il y avait un jeune allemand de 18 ans, et il parlait allemand."
Moi : "Oui, un allemand qui parle allemand...c'est rassurant, au fond."
Elle : "Il joue très bien au tennis, mais il restait sans rien faire, en regardant les autres jouer."
Moi : "Mais s'il joue très bien au tennis ???"
Elle : "Comme il joue très bien, il ne voulait pas jouer".
 
Ouh là....j'eus comme un vertige...
 
Monsieur Moochagoo me demande : "Quel dialecte allemand, le jeune homme parlait-il ? Le westniederdeutsch, l'ostniederdeutsch, le rheinfränkisch, l'ostmitteldeutsch, le westoberdeutsch ou l'ostoberdeutsch ? C'est important !"
 
JE VAIS LE TUER .JE VAIS LE TUER .JE VAIS LE TUER .JE VAIS LE TUER .JE VAIS LE TUER .JE VAIS LE TUER .JE VAIS LE TUER .JE VAIS LE TUER .JE VAIS LE TUER .JE VAIS LE TUER....
 

Les mots en vadrouille

 
Je savais que les mots que j'avais écris, pouvaient faire des stupidités en mon absence, mais pas à ce point là.
 
Parfois nous avons l'impression nos mots détachent de nous, ou pire, partent en vadrouille. Il se déplacent d'une façon effrénée dans les recoins de notre esprit, les circonvolutions de notre cerveau, ou même devant nos globes oculaires.
 
Et les mots au miroir de la Presse ! Ils se mettent à s'admirer, à se farder et à s'ajouter quelques colifichets, et deviennent insupportables.
 
Mais revenons à mes mots, ceux que j'avais écris pour un billet futur, sur la dernière page - blanche - d'un livre que je transportais. Non seulement, ils s'étaient fait la malle, mais ils avaient essaimé dans tous le livre, en changeant le sens des phrases, au petit bonheur la chance.
 
Vous imaginez cette phrase de Shakespeare, dans Hamlet : "Quel sens particulier donner à cela ? Je n'en sais rien ; mais, à en juger en gros et de prime abord, c'est le présage de quelque étrange catastrophe..", qui change brusquement de sens : "Quel sens particulier donner à cela ? Je n'en sais rien ; mais, à en juger en gros et de prime abord, c'est le présage de quelque étrange bonheur.."
 
Quelle amertume ! Là, c'est certain, le Fantôme de Hamlet me règlerait mon compte !
 
Monsieur Moochagoo me proposa un filet à papillons et me dit : "je suis sûr que vous en ferez un bon usage pour attraper vos mots, ils ne sont qu'en vadrouille après tout. Racontez-leur des histoires, ils adorent ça".
 

Livres

Kazuo Ishiguro : "Auprès de moi toujours" (éd. des 2 terres, 2006)
 
Un roman perturbant, d'autant plus perturbant qu'on ne peut pas dévoiler le sujet, sous peine de détruire l'intérêt de l'intrigue.
 
Tout commence par des écoliers sévèrement gardés dans un collège anglais, et qui ne doivent découvrir du monde exterieur, que ce qu'on veut bien leur dire. 
 
Ils ne retournent jamais dans leurs familles.
 
Une de leurs occupations a trait à leur créativité. On les encourage à produire des peintures, poèmes et objets d'art divers dans une atmosphère de grande émulation.
 
Une "Madame" française vient de temps à autre pour choisir quelques oeuvres, et les emmener vers une "galerie" (mais c'est une rumeur parmi les écoliers).
 
Le lecteur découvre peu à peu, sous le ton neutre de la jeune narratrice, ancienne élève du collège, une réalité vraiment horrifiante. Réalité d'autant plus horrifiante qu'elle risque, dans les années à venir, d'apparaître.
 
A un moment la narratrice parle "d'avenir de rêve". Avenir de rêve, oui, mais tendance cauchemar...
 
 

Livres

 
Philip Roth : "Le complot contre l'Amérique" (Gallimard, 2006).
 
Si Charles Lindberg avait été élu Président des Etats-Unis à la place de Roosevelt en 1940...cela aurait été catastrophique.
 
En effet dans l'Histoire réelle, Charles Lindgerg - le, Ô combien "sympathique" aviateur - a été décoré par Hermann Goering, en octobre 1938, "pour services rendus au Reich". Henry Ford, fondateur des usines Ford, avait été décoré pour les mêmes raisons en juillet de la même année.
 
Philip Roth imagine que ces deux personnalités accèdent au pouvoir, l'un donc comme Président, et l'autre comme Ministre.
 
Les Etats-Unis n'entrent pas en guerre contre les nazis, et peu à peu, on "déplace pacifiquement" les minorités - dont les juifs - vers des zones "réservées". Et ainsi de suite...assez horrifiant, car tout est raconté dans le registre du vraisemblable.
 
Peter Ackroyd : "Un puritain au paradis" (Robert Laffont, 2006)
 
Peter Ackroyd est un romancier très prolifique (auteur d'une monumentale biographie de Londres). Il imagine lui aussi une Histoire parallèle où John Milton (1608-1674, poète aveugle, auteur de "Paradis perdu", que vous avez tous lu, j'en suis sûr), dégouté de l'Angleterre, embarque avec des Puritains pour la Nouvelle Angleterre.
 
Il devient chef spirituel de ces Puritains, particulièrement coincés, obtus et hostiles aux Indiens, qu'ils méprisent.
Tous ces braves gens vivent tranquilles grâce à leurs oeillères, jusqu'à l'arrivée à quelques lieues, d'anglais catholiques, joyeusement paillards, buveurs et amis des Indiens, avec qui ils se mélangent.
 
La confrontation va tourner au vinaigre... 
 

Branwell, le frère des soeurs Brontë

 
"Et maintenant écoutez-moi bien ; profondément pénètre le fer rougi, d'abord dans un oeil, puis dans l'autre, s'enfonçant en sifflant jusqu'à la cervelle. Je connais alors une joie sauvage..Voila mes amis comment il faut se venger..."
 
Telle est la prose de Branwell dans "Juvenalia"...
 
Le frère des soeurs Brontë était certainement un surdoué (il avait à 8 ans, une mémoire extraordinaire, et un vocabulaire déjà très étendu). Mais on frémit un peu à la lecture de ses "romans".
 
Les soeurs Brontë sont restées célèbres, au moins pour deux romans : Emily Brontë écrivit "Les Hauts de Hurle-Vent", et Charlotte Brontë, "Jane Eyre".
 
Mais le petit frère restera célèbre pour sa vie pleine d'excès, et complètement ratée. Il est mort à 31 ans, après avoir été, entre autres, Chef de Gare à Luddenden Foot. Il fut renvoyé de ce poste, pour négligence.
 
(source : Daphné du Maurier, "Le monde infernal de Branwell Brontë", et Le Monde du 04/08/2006)
 
Autoportrait de Branwell :

300 000 livres !!

On en apprend de belles dans "Le Monde 2", du 22 juillet 2006 : Karl Lagerfeld (le couturier de Chanel) possède 300 000 livres à Biarritz, Paris, Rome, Monaco et New York.
 
Ce serait nettement moins chic de dire j'ai 300 000 livres à Epernon, Dourdan, Gueret, Montbéliard et Craponne-sur-Arzon. Encore faut-il avoir assez d'espace pour les ranger, ce qui n'est pas le cas du commun comme on dit, c'est à dire vous et moi.
 
Un point amusant : aucun livre n'est classé (ni par ordre alphabétique, ni par genre, ni par une numérotation quelconque) ! A faire mourir d'horreur n'importe quelle bibliothécaire professionnelle.
 
Un vraie forêt tropicale, où tout lecteur impénitent doit se perdre avec délice. On ne doit jamais trouver ce qu'on cherche, ce qui enchanterait les adeptes du taoisme.
 
En revanche si on veut absolument tel ou tel ouvrage, on aura plus vite fait d'aller l'acheter dans une grande librairie.
 
Sur le thème du rangement...j'ai un collègue ingénieur, qui, sur son bureau a en permanence un tas en forme de cloche de tous les documents qu'il reçoit. Le tas mesure 30 cm de haut et occupe l'intégralité de la surface du bureau. Et il sait à tout moment, où se trouve un document particulier (nous avons fait des tests).
 
Quand le collègue change de bureau, il met le tas tel que dans un carton, et pose le carton près du nouveau bureau. Ainsi une nouvelle pile de documents peut naître. C'est absolument fascinant..
 
Karl Lagerfeld a-t-il dans sa tête une "carte de géographie" de ses 300 000 livres...il faudrait le lui demander.
 
 
 

Tiens mon garçon, voilà ton cercueil !

Le Monde des Livres (chaque jeudi), pour un lecteur impénitent, c'est comme faire son marché. On y trouve des fruits et de légumes (avec des patates et des navets parfois très gros), de la volaille, des oeufs, du fromage (il y a des auteurs qui puent), etc.
 
Dans celui de cette semaine, on trouve un compte-rendu du livre d'un auteur qui m'est presque totalement inconnu : Urs Widmer, Suisse de langue allemande.
 
Dans "Le livre de mon père" (Das Buch des Vaters, Gallimard) il raconte que son père, à 12 ans, au début du XXème siècle a dû subir une cérémonie d'origine païenne dans l'Eglise du village.
 
Le garçon est devant l'autel, déshabillé et lavé par des femmes de la communauté, puis rhabillé avec des vêtements neufs.
 
A la fin, on lui remet son cercueil et un livre où il doit noter le soir, les événements de la journée.
 
A douze ans, on de la pudeur, et on ne s'intéresse pas trop à la mort. Ce devait être traumatisant pour certains.

Nathalie Quintane

"Quand je me gratte la tête sous un bonnet de laine, le bonnet se déplace. Parfois, je veux poser un coude sur le bord de la table et mon coude glisse dans le vide. En me mettant au soleil, grâce à la position de mon ombre, je peux approximativement connaître l'heure qu'i est. Quand je pense fortement à quelque chose, je ne vois pas ce que je regarde. Quand je prends un bain, mes bras ont tendance à remonter à la surface."
 
"Cavale" (ed. POL)
 
"Avec Nathalie Quintane, l'individu..semble en stage de formation longue durée..dans un monde banal fait d'un tas d'évidences encombrantes jamais démontrées"
 
Arnaud Labelle-Rojoux
 
Source : Libé des livres 11-06-2006

"..aujourd'hui ce n'est rien du tout"

Madame du Deffand (1697-1780), tenait un salon célèbre avec sa nièce Mademoiselle Julie de Lespinasse (1732-1776). Elle avait appelé sa nièce, car sa vue déclinait, et Julie servait officiellement de lectrice. Elles se fâchèrent en 1764, car Julie (en gros) se montrait aussi brillante que sa tante.
 
Du coup, Mlle de Lespinasse, ouvrit un salon concurrent non loin de là. Les invités, qui allaient dans les deux salons, se gardaient bien de le dire à l'une ou à l'autre.
 
Mlle de Lespinasse avait la tuberculose (c'était courant à l'époque), et elle mourût le 22 mai 1776.
 
Mme du Deffand eut ces mots pleins de compassion : "Mademoiselle de Lespinasse est morte cette nuit, à deux heures après minuit; ç'aurait été pour moi autrefois un événement, aujourd'hui ce n'est rien du tout".
 
L'art de la détestation...
 
Madame du Deffand et Julie de Lespinasse :
 

Livres SF

Pour les amateurs de Sciences Fiction, deux livres excellents :
 
  • de l'allemand Andréas Eschbach : "Le dernier de son espèce" (ed. l'Atalante). A. Eschbach a aussi écrit "Jésus Video" qui était époustouflant.
  • de Robert Charles Wilson (USA) : "Blind Lake" chez Denoël. C'est en français. Je le découvre et c'est...surprenant.

Hey, Nostradamus

Douglas Coupland (né en 1961), canadien a écrit quelques livres au vitriol sur la société américaine :
 
Génération X,
Microcerf (sur le travail à Microsoft),
Toutes les familles sont psychotiques,
Girlfriend dans le coma (j'en avais dis du bien ici-même, le 29 novembre 2005),
 
et le dernier, "Hey, Nostradamus" (Ed Au diable vauvert), est inspiré par le massacre de Columbine (20 avril 1999).
 
C'est aussi une attaque assez féroce contre les associations religieuses et "bien pensantes", et tout le mouvement "born again" ("renaissance" ou "né à nouveau"), qui a pris le pouvoir autour du Président actuel. 

Jean-Paul Dubois

J'ai lu "Vous plaisantez, Monsieur Tanner" de Jean-Paul Dubois (Ed. de l'Olivier), c'est assez drôle et facile à lire.
 
Cela fait penser au film "Travaux, on sait quand ca commence...", avec Carole Bouquet, aux prises avec différents corps d'artisans, et aussi, au livre de Peter Mayle "Une année en Provence" (Ed. de poche, Points).

Peter Dexter et Douglas Coupland

Quelques fois la lecture s'apparente à un alcool fort ! Le livre de Peter Dexter, "Train" (genre policier) pourrait laisser quelques cauchemars à certains, surtout à la fin.
 
Nous sommes à Los Angeles dans les années 1950. Train est le héros de cette histoire. C'est un jeune noir qui travaille comme caddie dans un golf où les vieux et les gros jouent mal. Le caddie aux yeux de ces gens-là n'existe pas, il est invisible, mais doit porter le sac, ramasser les cannes de golf et chercher les balles perdues. Et s'il est noir, c'est pire...Miller Packard, un sergent de la Police de San Diego va sérieusement troubler le jeu.
 
Dans un tout autre genre, "Girlfriend dans le coma" de Douglas Coupland (10/18) raconte le coma d'une toute jeune fille des années 1970 et son réveil dix-sept ans plus tard en 1995. Le petit ami n'est plus très frais...vraiment très prenant.
 
Douglas Coupland est l'auteur de "Génération X" et "Microserfs" entre autres, dont je ne puis dire que le plus grand bien.
 
Douglas Coupland et Peter Dexter

Portrait d'une dame

Alain Frontier dans "Portrait d'une dame" (Al Dante 2005), a scrupuleusement noté les paroles de sa compagne Marie-Hélène entre janvier 1982 et décembre 1984.
 
Elle sont parfois dignes de San Antonio (côté Béru) ou des dialogues de Michel Audiard.
 
Exemples :
 
- J'ai horreur qu'on me trifouille les yeux !
- Une poussière sur un coq ne pose pas de problème.
- Je ne sèche que par épuisement.
- Si on était Rimbaud, on comprendrait.
- C'est la peau fripée des gens qui bossent trop.
- Un jour, tu me feras un trou, si j’ose dire.
 
A déguster, pour ceux qui aiment.

 

Alain Frontier est également auteur d'ouvrages sur la grammaire, la poésie et la langue grecque.


Margaret Atwood

Je suis en train de lire "Le tueur aveugle" de Margaret AtWood (ed 10/18, 2000, 651p). Quel auteur ! Et quelles phrases !
 
Exemples :
 
"Je déteste la gentillesse. Je déteste les gens qui se targuent d'être gentils. Des morveux, piliers de bonnes oeuvres à trois balles qui distribuent leur gentillesse à la louche. Ils sont méprisables."
 
"J'ai de plus en plus souvent l'impression d'être une lettre - déposée ici, ramassée là-bas. Mais une lettre adressée à personne".
 
"Il m'était de plus en plus difficile de lui parler...C'était comme parler à une feuille de papier buvard blanc : les mots sortaient de ma bouche et disparaissaient derrière son visage comme derrière un rideau de neige."
 
"Dire les noms des morts, c'est les faire revivre, affirmaient les anciens égyptiens: ce n'est pas toujours ce qu'on pourrait souhaiter."
 
Pour aborder cet auteur, il vaut mieux commencer par "La Servante écarlate" (Robert Laffont, 1985). C'est l'histoire d'un monde quasiment sans hommes, à la suite d'une épidémie. Ne croyez surtout pas que le sort des derniers hommes est enviable...

 

Son roman le plus récent, traduit en français, s'appelle "Le dernier homme" (Robert Laffont, 2005) : délicieusement horrible...