Perfil de -Snake0644"Mister Moochagoo and I"FotosBlogListasMás ![]() | Ayuda |
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CerfLe tête à tête avec un cerf dix-cors durait depuis une minute. A dix mètres de nous, il occupait toute la largeur du chemin "La Deuxième Route Ronde" de la forêt de Chantilly. Le soleil qui passait à travers le brouillard matinal et les grands arbres, lui donnait un air fantomatique. Je pensais aux innombrables gravures du XIXème siècle qui représentent cet animal. Toutes ces gravures se superposaient dans mon esprit à l'image du cerf que nous avions devant nous, pour n'en faire plus qu'une. La minute qui venait de s'écouler semblait "une minute affranchie de l'ordre du temps". [Proust] Dieu merci, aucun chasseur ne piquait des deux en criant "Taiau, taiau, taiau". J'étais paralysé, un seul geste le ferait partir. Monsieur Moochagoo, restait aussi immobile qu'un personnage du théatre Nô qui interprète un de ces arrêts prolongés, qui énervent tant les spectateurs occidentaux. Je tentais lentement de saisir mon appareil de photo...et il partit comme à regret, encore plus curieux que nous. Monsieur Moochagoo recommença à parler : "Savez-vous que pour les Inuits, nous sommes des Kablunaks [Etrangers] ?" Belle journée ! Résumé : Moi, un Kablunak ? Je ne me suis jamais senti aussi ridicule ! SprezzaturaDescartes a dit avec humour : "Le bon sens est la chose au monde la mieux partagée : car chacun pense en être bien pourvu". Mais, au sud de la forêt de Compiègne, dans un nième chemin à nouveau impraticable, je me demandais si nous avions vraiment eu du bon sens en prévoyant ce parcours. Le chemin était envahi d'herbes aquatiques avec des plaques de boue, malgré les tranchées des deux côtés. Je venais d'écraser sur mon bras un sixième taon. Tous mes efforts pour les éloigner avaient été vains. Crotté jusqu'aux genoux et optimiste, Monsieur Moochagoo avait lu dans un ouvrage de Richard Regvald sur Heidegger qu' "Un chemin impraticable reste toujours un chemin. Il nous porte, à sa façon, vers un autre chemin". Mon moral en prit un coup, car je trouve aussi Heidegger impraticable. La sprezzatura, une sorte de nonchalance, voilà ce qui caractérisait l'attitude de Monsieur Moochagoo dans ces chemins marécageux. Il semblait suivre l'avis de Baldassare Castiglione : "..user en toutes choses d'une certaine nonchalance, qui cache l'artifice, et qui montre ce qu'on fait comme s'il était venu sans peine et quasi sans y penser" Nous avons quitté le chemin pour marcher dans les sous-bois, guère plus praticables et barrés de petits ruisseaux difficiles à franchir. Enfin nous sommes arrivés sur une route empierrée et sèche. Monsieur Moochagoo dit d'un air pincé : "Rien n'est plus banal que de marcher sur ce genre de chemin". J'ai décidé de suivre "ce genre de chemin", sur les dix derniers kilomètres. Pour nous changer les idées, je posais une question que j'avais lue dans "La cantatrice chauve" de Ionesco : "Les petits nombres peuvent être plus grands que les grands nombres ?" J'ai eu droit un regard professoral et à une longue, longue "explication". Belle journée ! ![]() Champignons bizarres (ou blob extraterrestre, au choix), sur une souche. Tête de veau vinaigrette"A propos de "..ce vide qu’on porte en soi", dont parle Nicolas Bouvier - je ne parle pas de votre prose qui me paraît franchement obscure - oui pour ce vide qu’on porte en soi, essayez le gratouillon". Une fois de plus Monsieur Moochagoo n'était guère aimable, mais j'étais curieux de savoir ce qu'il entendait par gratouillon.
"Pour avoir un gratouillon de qualité, mangez de la tête de veau vinaigrette". Il se moquait de moi et faisait allusion à Knock, de Jules Romain *.
La pluie tombait avec force et sans interruption depuis 9h45, moment où nous avions quitté le train à la "halte en forêt" en forêt de Fontainebleau. Elle allait combler bien des vides. Même avec une cape, je commençais à être trempé aux manches et aux jambes de pantalon, et je sentais les gouttes s'infiltrer dans le haut des chaussures.
Monsieur Moochagoo m'avait averti qu'il fallait "mépriser la pluie, un point c'est tout". Mon mépris n'avait aucun incidence sur le fait que j'allais être "mouillé". Tante Germaine m'a toujours dit que : "La force d'âme stoïcienne ne peut rien contre l'humidité et le froid".
A onze heure, il pleuvait toujours des cordes. J'eus Madame Snake au téléphone qui ne comprenait pas comment on peut randonner sous une telle pluie. Monsieur Moochagoo a mis son grain de sel en lui disant que "toutes les gouttes ne sont pas également humides". Je les ai laissé discuter pendant qu'un groupe de dix randonneurs nous dépassait en faisant "plotch, plotch".
Dieu merci, nous avons pu déjeuner au sec - il s'est mis à faire beau vers midi - à la Mare aux Cerfs, où curieusement il n'y a plus d'eau, à part quelques flaques.
Monsieur Moochagoo eût du mal à repartir. Je m'en inquiétais. Il me répondit : "Je traîne ? Non, non, j'attends de voir passer un troll... il semble en retard.." Bon, c'était ma journée ! * Knock : "Est-ce que ça ne vous gratouille pas davantage quand vous avec mangé de la tête de veau à la vinaigrette ?"
Homard géant en aluminium polychromeJ'aurais dû me méfier, la randonnée avait commencé avec cette blague lancée par une randonneuse : "Fourmicro-ondes". C'était apparemment très drôle, sauf pour moi. D'autres blagues ont suivi, du même tonneau. Mes muscles zygomatiques étaient bloqués, et je me voyais en Droopy, le chien qui ne rit jamais.
La forêt de Rambouillet, à part ses beaux arbres, est sans grand relief. J'évitais les profondes ornières remplies d'eau. Monsieur Moochagoo avait déjà dérapé deux ou trois fois et prenait une belle couleur boue. Il écoutait un monsieur qui avait soixante dix chats, "tous opérés" et qui "s'entendent très bien". Monsieur Moochagoo a dit : "Ah bon ?", mais je sentis qu'il doutait.
Une dame devant moi râlait à cause d'un homard géant en aluminium polychrome, accroché dans le salon de Mars du château de Versailles par Jeff Koons. Je pense que l'artiste en pince pour Versailles et qu'il a voulu s'exprimer, mais c'est une opinion personnelle.
Ma voisine, comme je lui disais que le père de l'enfant de "Madame la Présidente", était un professeur de philosophie, laissa tomber avec dédain : "Les philosophes, c'est le bas de gamme". Je soupirais intérieurement, ce qui me fit gonfler le ventre, et quand le ventre gonfle : "C'est la nervosité et le stress", selon Tante Germaine.
Heureusement, la conversation s'est orientée sur la vente qu'elle avait faite de "deux fauteuils norvégiens". J'ignorais tout des fauteuils norvégiens, j'eu droit à un regard consterné et elle ajouta : "Des fauteuils Falcon Sigurd Ressell, bien sûr". Oui, c'est vrai, où avais-je la tête ?
Monsieur Moochagoo était maintenant bien recouvert d'une boue qu'il qualifia de "propre", car il ne voulait pas qu'on le prenne pour un "clochard". J'abondais dans son sens : "Une boue propre, c'est plus seyant". Je me pris un coup de "regard Moochagoo".
Quelle journée !
Arrêter les mouvements de la penséeJ'étais en train de courir comme un dératé dans un sombre couloir en béton, en espérant sauver ma vie. Les murs suintaient un liquide de couleur rouille et une sorte de brouillard m'empêchait de voir le bout du couloir.
La séance de yoga s'était pourtant bien déroulée. Auparavant, j'avais révisé mes classiques : Les Yogasutra attribués à Patanjali nous enseignent que le yoga est une méthode pour arrêter les mouvements de la pensée. Avec moi, c'était très mal parti, j'ai une imagination qui fonctionne en roue libre à tout instant.
J'avais trouvé cependant dans "Les philosophes de l'Inde" de Jean Filliozat une allusion, entre autres, à deux "pouvoirs merveilleux" qu'on pouvait acquérir grâce au yoga : "Se faire petit comme un atome" et la "lévitation".
Pour se faire petit comme un atome, j'allais devoir attendre car je n'ai vu aucun changement durant les mouvements effectués. Quand à la lévitation, peut-être m'étais-je élevé d'un cent millième de millimètre, mais ça reste à vérifier.
Bref, nous étions arrivés au moment de la relaxation, et j'étais à nouveau en imagination sur une plage. Je m'apprêtais à passer quelques bons instants, les doigts de pieds en éventail, lorque je vis une porte plantée là, dans le sable. Je l'ouvris, juste histoire de voir, et me retrouvais en train de courir comme un dératé dans un couloir en béton, car quelque chose était entré derrière moi et me menaçait directement.
En général on ne choisit pas les choses qui vous menacent. Je courais à toutes jambes sans tourner la tête, je sentais une haleine immonde dans mon cou. J'allais y passer... C'est sûr, j'allais mourir, je le savais..
"Bon, alors, c'est fini, vous vous levez ?" Cette phrase de Monsieur Moochagoo me permit d'échapper in extrémis à l'enfer. Je le remerciais chaudement en lui expliquant ma mésaventure.
Il me regarda avec un air consterné, et cita ce haïku de Bashô : "Sa mort prochaine, Rien ne la fait prévoir, Dans le chant de la cigale".
Je l'ai échappé belle !
YogaFaire du yoga alors qu'on est aussi souple qu'une barre de fer est une sorte de pari. Hier soir, Madame Snake m'avait emmené à un cours de yoga dans une école, sous l'autorité d'une dame proche des 80 ans, nettement plus souple moi. J'ai compris que j'allais avoir du travail pour toute l'année à venir.
J'ai commencé avec un petit objectif : améliorer la souplesse du petit doigt de pied de mon pied droit. Les mouvements se sont enchaînés. J'espionnais discrètement ma voisine - une dame un peu enveloppée - pour ne pas me tromper. Bientôt j'ai senti une sorte de chaleur dans le petit doigt de pied, avec un début de souplesse qui me permit de le faire bouger de droite à gauche. Un beau succès !
Au moment où il a fallu faire la chandelle, là, ça a été la bérézina. La chandelle doit assurer un "relâchement nerveux" et une "activation de la conscience". En fait j'étais très nerveux, car je n'y arrivais pas. Quand à ma conscience, si elle a le malheur de s'activer, elle part immédiatement en me disant : "Bon, eh bien je vais voir ailleurs". J'ai l'impression qu'elle a des comptes à régler. Un jour nous aurons une explication.
Monsieur Moochagoo avait atteint rapidement le nirvana et, Dieu merci, ne me voyait pas plus que Madame Snake. Soulagement ! Je suis retombé une dizaine de fois, avec la légèreté d'un hippopotame hors de l'eau, puis l'exercice a pris fin. On allait vers le dernier exercice : la relaxation. Il a fallu relacher les membres les uns après les autres, y compris l'intervalle entre les sourcil. Là, c'était fastoche, j'aime bien relacher l'intervalle entre mes sourcils. Tante Germaine m'a souvent conseillé de surveiller mon Ajna Chakra (plus connu sous le nom de 3ème Oeil), entre les sourcils, "car c'est là que ça se passe". Maintenant je comprend.
Après, il a fallu nous imaginer sur une plage au soleil. Alors là, c'était parfait, j'avais mis mon costume de bain à rayures, de la crème pour les coups de soleil, et je m'apprêtais à lire un livre palpitant, en buvant un petit Chablis frais, quand soudain, *pouf* plus de sable, ni de Chablis, le cours était terminé. Damned !
Monsieur Moochagoo m'a fait remarquer qu'en matière de souplesse, "le corps a des capacités d'adaptation insoupçonnées". Très drôle !! Je ne l'ai pas frappé car le yoga mène à la non-violence (ahimsa), au moins pour cette soirée.
Belle journée !
Le Tour de FranceUn collègue de bureau m'a affirmé à midi que si le premier coureur français était assez mal placé au classement final, il aurait été mieux placé s'il avait été espagnol. J'ai demandé une explication. Elle me fut donnée - ce n'est pas une question de dopage, je vous vois venir - et je n'ai pas compris. J'en ai marre d'être bête.
Le Tour de France, c'était un peu comme pendant la révolution mexicaine du début du XXème siècle, on avait a peine le temps de connaître certains coureurs qu'ils avaient déjà disparus. Mais un coureur français qui aurait dû être espagnol, c'est nouveau !
Monsieur Moochagoo pense que si le vainqueur du Tour de France avait été français, il aurait été moins bien placé.
Il y a des jours, comme ça... 22/23 km en Forêt de St Germain !Ce dimanche, tout avait bien commencé, nous étions 50 randonneurs au chaud, dans une navette, entre les gares de Sartrouville et de Maisons-Laffitte, en raison de travaux sur la voie. "Terminus Sartrouville, après, pour Maisons-Laffitte prenez une navette" avait prévenu un haut-parleur à la Gare St Lazare.
"Je dois absolument aller aux toilettes !" me dit mon voisin, sur le ton de la confidence. Il n'y avait pas de toilettes dans la navette - un simple bus - j'étais un peu inquiet, mais il se retint jusqu'à l'arrivée.
Le Responsable murmura : "25 minutes de retard, c'est grave, on va supprimer 2 km, peut-être 3". J'avais choisi cette ballade pour son "parcours plat". Un parcours plat, on n'en dira jamais assez de bien et, 23 km moins 3 km, c'était parfait.
Mon 'moi sportif' râlait : "Un parcours plat c'est déjà pas terrible, mais 3 km en moins, c'est limite. Même pas la peine de commencer". Je fermais les communications avec le 'moi sportif', silence radio, c'est un coach nul ! Parfois, avec mon 'moi sportif', les discussions sont d'une forte intensité, notamment sur le choix des randonnées. Il se bat bec et ongles, pour faire des randonnées "avec des dénivelées".
Suprême plaisir, c'est une randonnée de "formation guide junior". Il a la carte, et doit suivre le chemin prévu, PAS TROP VITE pour ne pas se perdre. Le Responsable contrôle le guide junior. Nous suivons.
"C'est curieux, je ne vois pas le Pavillon de la Muette, ils ont oublié de le mettre sur la carte", a dit le guide junior en passant à côté du Pavillon. Je vérifiais sur ma carte, le Pavillon de la Muette était bien noté et en gros. Je chantonnais, très à l'intérieur moi-même, "Je voudrais faire le tour de la terre avec toi", pas trop fort, car il faisait beau.
La québécoise me confia : "Nous zigzagons". Je lui répondis : "Nous prenons des chemins de traverses", et continuais à chanter en moi-même, "Parés à virer, Les gars faudrait haler, On s'repos'ra quand on arrivera, Dans le port de Tacoma".
Je songeais à utiliser une pelote de laine pour marquer notre chemin dans le labyrinthe de la forêt. Les labyrinthes posent un problème intéressant : comment en sortir ? Je proposais à la Québécoise de nous mettre à genoux pour prier Sainte Rita la patronne des causes désepérées, mais elle n'était pas croyante. A tout hasard je murmurais les litanies de Sainte Rita : "Sainte Rita, vase de myrrhe odorante, priez pour nous, Sainte Rita, jardin choisi de toutes les vertus, priez pour nous, Sainte Rita, marguerite du Paradis, priez pour nous, Sainte Rita, avocate des cas désespérés, priez pour nous..."
Et...nous nous sommes retrouvés à 50 randonneurs au chaud, dans une navette, entre les gares de Maisons-Laffitte et de Sartrouville, en raison de travaux sur la voie. "Merci Sainte Rita, je te revaudrais ça", ais-je promis.
Belle journée ! Courir avec des chaussettes noiresGrand débat sur un Forum sportif australien :
Question à propos de la course à pieds :
Is wearing black socks such a taboo?
Est-ce vraiment un tabou de mettre des chaussettes noires?
Réponses :
Le Tour de France - 3Lu sur un Forum :
"C'est vrai que dans le vélo on ne voit que des blancs...les noirs auraient ils des problèmes d'accès aux pharmacies et produits dopants. Messieurs de la médecine et de la parapharmacie ce n'est pas beau le racisme...."
Ouh là, ouh là !
"Mais si il [Amstrong] va gagner devant tous ces minables dopés alors que lui il prend rien. Que du courage et la grande classe qui manque aux autres."
Probablement de l'humour au second degré..
Le Tour de France - 2Bruyneel a déclaré hier que Lance Amstrong "a dépassé le statut de champion". Oui, mais pour aller où ? C'est très inquiétant. Ma Grand Mère m'avait toujours dit de ne jamais dépasser mon statut de champion. Je dois préciser, qu'étant autrefois un Champion de l'Ecossage des Petits Pois Ecossais (CEPPE), je n'ai JAMAIS dépassé mon statut de champion !
Lu sur un Forum : - "L'année prochaine il faudra des dragsters à la place des motos pour suivre les coureurs." - "Dites " ils sont dopés" et non pas "Armstrong est dopé". " - "Arretez de croire qu'on peut rouler à l'eau fraiche en allant à plus de 50km/h."
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